Saga vol. 5

Le pitch : Pendant que certaines cherchent le remède qui sauvera la peau de The Will, d’autres se font prendre en otage ou cherchent à rejoindre leur famille.

L’avis : C’est confirmé : après un tome 4 un cran en dessous des précédents, il semble bien que Saga a un peu perdu de sa superbe. Pourtant, la série conserve de nombreuses qualités : un univers de SF original et déjanté, une galerie de personnages riche et intéressante, quelques chouettes moments bien racontés et les dessins toujours agréables de Fiona Staples. Cependant, je trouve que l’écriture a perdu de sa précision et de sa brillance. La narration va un peu dans tous les sens par moment et certains évènements importants (des morts, notamment) n’ont pas l’impact attendu. L’humour se fait également moins fin. Là où j’éclatais de rire à coup de répliques bien senties, j’ai souri tout au plus cette fois à un humour qui se fait plus burlesque et plus gras aussi. Certains diront que je fais la fine bouffe et ils auront peut-être un peu raison, car la série reste de très bonne tenue, mais par rapport aux sommets de ses débuts, je trouve qu’il y a quand-même de quoi être un peu déçu. Ca ne m’empêchera pas de lire la suite, cela dit.

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Saga vol. 4

Le pitch : Marko, Alana et Hazel vivent cachés et des tensions apparaissent. Pendant ce temps, les autres protagonistes convergent vers eux, chacun avec ses motivations.

L’avis : Je regrettais dans mon Best of Comics from Mars 2015 de ne pas avoir lu ce tome de Saga, pressentant qu’il aurait pu y occuper une bonne place. Et bien non. Il aurait pris la dixième place au lieu de Hawkeye, mais pas mieux. C’est déjà pas mal, me direz-vous, et, de fait, Saga reste une lecture très recommandable. On y retrouve de très belles répliques, une narration sans faille et les dessins de Fiona Staples toujours aussi agréables. Tout ce qui met en scène Prince Robot IV et ses proches est même particulièrement réussi. Cela dit, j’ai trouvé que la série marquait le pas en ce qui concerne Marko et Alana. L’intrigue les concernant avance peu, si ce n’est au travers de problèmes presque ordinaires qui ne les rendent pas très sympathiques. Dans la mesure où leur union représente quelque chose de très fort dans la série, j’ai trouvé ça assez décevant. Tout ça prépare peut-être le terrain pour des rebondissements dont BKV a le secret. C’est ce qu’on verra dans le tome 5, que j’entame maintenant avec grand plaisir.

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Saga vol. 3

Le pitch : Marko, Alana, leur famille et leurs ennemis convergent vers la planète Quietus où réside l’écrivain du livre qui a déclenché leur amour.

L’avis : Voilà une critique qui va nécessairement être brève, car il est difficile de parler du contenu sans en dévoiler les rebondissements et, sur le plan formel, il n’y a à redire. Brian K. Vaughan et Fiona Staples continue sur leur belle lancée avec un récit intelligent, vif et souvent touchant. Si quelques nouveaux personnages apparaissent, l’essentiel de ce troisième tome consiste à conclure, au moins provisoirement, les évènements mis en place dans les deux premiers tomes. Tout ça ressemble donc à la fin d’un premier acte. Je suis déjà très curieux de connaître où va nous emmener le second. Il va falloir être patient, car rien n’est annoncé pour l’instant.

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Saga vol. 2

Le pitch : Hazel voit débarquer ses grand-parents paternels. Ils ne seront pas de trop pour les aider à échapper à tous ceux qui la traquent, elle et ses parents.

L’avis : Je crois que je vais la faire très courte, cette critique, car il n’y a pas grand chose à dire de plus que tout le bien que j’ai dit du premier tome. L’écriture de BKV, c’est juste du jus d’intelligence. C’est frais, original et ça excelle dans plusieurs registres à la fois, comédie, drame, action et SF, le tout avec une étonnante impression de facilité. Et comme on ne peut pas dire que Fiona Staples gâche le tableau, ça fait une sacrée réussite. En fait, si je passe de A à A+ avec ce second tome, c’est juste que je m’attendais à être moins emballé passé l’effet de surprise. Or, pas du tout, je me suis tout autant régalé, si ce n’est plus. Saga est, je crois bien, tout simplement la meilleure série du moment.

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Saga vol. 1

Le pitch : Alana et Marko, deux combattants de deux races opposées dans une guerre galactique, donnent naissance à une petite fille. Poursuivis pour traitrise par leurs deux races, ils cherchent un moyen d’échapper à leurs poursuivants.

L’avis : Le pitch tel que je viens de l’écrire résume assez bien le cœur de l’intrigue, mais ne pensez pas que Saga est une simple romance sur fond de science-fiction. C’est effectivement un peu ça, mais l’épaisseur du récit réside dans la richesse du casting et la multitude d’idées originales que Brian K. Vaughan injecte en continu au fil de l’histoire. Vous y trouverez dans le désordre une famille royale mi-homme, mi-écran de télévision, un chat détecteur de mensonge, un vaisseau maison close où des orgies pas toujours recommandables prennent place, une fantôme baby-sitter, des artefacts magiques, des arbres-fusées, des races d’extra-terrestres aux allures parfois surprenantes, et j’en passe. Vous y trouverez aussi une galerie de personnages fort intéressants au service d’un récit enlevé, parfois drôle ou touchant. Fiona Staples se fait visiblement plaisir à illustrer tout cela, et nous avec. Bref, Saga est une vraie grosse nouveauté à ne pas rater. J’attends avec impatience la suite.

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Northlanders vol. 5: Metal and Other Stories

L’histoire : Le capitaine d’un navire marchand cherche à découvrir de nouveaux territoires ; un forgeron part en croisade contre les missionnaires chrétiens et pour les beaux yeux de sa belle ; un vieil homme découvre le corps d’une jeune fille inconnue dans un lac gelé.

L’avis : Ce nouvel opus de Northlanders commence plutôt bien par une histoire courte en un seul épisode. On y suit le capitaine d’un navire marchand qui se sent stagner dans les limites du commerce qu’il a l’habitude de pratiquer. Pris d’un désir d’aventure, il va entrainer son équipage dans un voyage vers la folie et la mort autant que vers de nouveaux rivages. Le scénario ne manque pas d’intérêt et la mise en scène de Fiona Staples est intéressante. Une bonne mise en bouche, donc.

Le plat de résistance arrive sous la forme d’un récit à la Bonnie & Clyde qui a ses qualités et ses défauts. Tout ce qui concerne la main mise de la chrétienté sur les territoires viking et la façon dont les personnages réagissent, qu’ils accompagnent ou qu’ils s’opposent, donne du grain à moudre au lecteurs. Pour le reste, on a le droit à une dose de romance, de surnaturel (une première pour Northlanders) et de grosses bastons. Je suis un peu resté sur ma faim après la conclusion. Côté dessin, Burchielli semble moins à l’aise que sur DMZ. Ce n’est pas désagréable à lire, mais ça manque parfois de finesse (ok, on est dans un monde de vikings, mais tout de même).

Le meilleur arrive à la fin avec deux épisodes narrant l’histoire d’un vieil ermite qui découvre une jeune femme congelée dont il ignore tout, mais dont l’histoire va finir par le rattraper. Brian Wood réussi cette fois à brosser une histoire prenante, très bien écrite, avec une réelle qualité émotionnelle. Il est aidé en cela par Becky Cloonan, remarquable pour l’expressivité de ses personnages et la fluidité de sa narration. Très clairement une des meilleures histoires de la série jusqu’ici.

Le bilan de tout cela, c’est que Northlanders conserve son rang. Sans jamais faire un sans faute, la série nous livre de très bons moments de lecture. J’ai presque envie de dire que c’est ce qui caractérise la production de Brian Wood en général. Un auteur doué, rarement totalement satisfaisant, mais capable d’instant de brillance et c’est déjà pas mal.

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