Rover Red Charlie

Le pitch : Road movie canin post-apocalyptique.

L’avis : Garth Ennis est un très grand scénariste. Ceux qui en doutent et ne retiennent de lui que sa propension à l’outrance ne comprennent pas grand chose à la bande-dessinée. Je n’ai pas trop l’habitude de ce genre de jugement péremptoire, mais après la lecture de Rover Red Charlie, ça m’apparait encore une fois comme une évidence. Garth Ennis est un scénariste complet qui sait raconter une histoire, mais sa plus grande force, c’est de savoir donner du corps à ses personnages. Sur ce coup là, il est au top de sa forme. Le trio de chiens qui traverse le pays à la recherche d’humains n’ayant pas sombré dans une folie meurtrière s’avère aussi attachants que passionnants. Même le bulldog sanguinaire qu’ils affrontent prend une épaisseur étonnante en quelques cases. Il faut dire que Garth Ennis arrive à transposer des sentiments d’homme à une vie de chien avec beaucoup d’habileté sans que ça paraisse artificiel. Ce qui est vrai pour les individus est aussi vrai pour les attributs de races. A chacune son tempérament, son intelligence, son langage. Les dialogues sont d’ailleurs souvent délicieux. Michael DiPascale, au dessin, n’est pas tout-à-fait à la hauteur du scénario. La mise en couleur en particulier m’a plutôt déplu. Cela dit, il est loin de démériter, car il arrive à retranscrire beaucoup de sentiments sur ses gueules de toutou. Il y a aussi beaucoup de travail sur le langage corporel de ses petites bêtes. Pour conclure, voilà un comics de très haute tenue, passionnant, inventif, drôle, touchant, violent aussi parfois, mais la violence n’est gratuite que chez les hommes. Bref, c’est du caviar, parfait pour servir à Noël.

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The Boys vol. 12: The Bloody Doors Off

Le pitch : Après la bataille finale avec les superhéros, Butcher met en place la dernière phase de son plan caché. Il trouve sur sa route le reste des Boys.

L’avis : Ca y est, cette fois, c’est bien fini et autant dire que Garth Ennis fait tout pour qu’il n’y ait pas de suite possible, en tout cas pas avec les mêmes personnages. La série aurait très bien pu se conclure avec le tome précédent, mais Garth Ennis a voulu mener l’histoire jusqu’au bout, affirmant par cela le fait que les cinq Boys forment le cœur de la série, bien plus que l’affrontement avec les superhéros débauchés. Nombre d’éléments d’intrigue restés en suspend sont résolus au passage dans un récit bien construit. La première partie ménage bien le suspense. La suite m’a laissé une impression assez mitigée. Difficile de dire exactement pourquoi sans dévoiler l’intrigue à ceux qui ne l’ont pas encore lu. Disons sans rentrer dans les détails que, côté pour, il y a une certaine logique aux évènements et que certaines scènes ont une vrai qualité émotionnelle. Côté contre, j’ai trouvé la psychologie de Butcher un peu difficile à accepter. Son jusqu’au-boutisme meurtrier contrebalancé par son rapport à Hughie est franchement tortueux et j’ai eu un peu de mal à adhérer. Quant à Hughie, je l’ai trouvé un peu trop geignard et facilement manipulable pour apprécier pleinement son rôle dans cette histoire. Côté dessin, Russ Braun mène la barque efficacement sur la plus grosse partie de l’ouvrage. Pour le dernier épisode, il cède la main à Darick Robertson qui vient conclure ce qu’il avait commencé, sans esbroufe, mais les lecteurs de la première heure apprécieront. Bref, ce n’est pas la fin marquante que j’aurais souhaitée, mais ça reste une conclusion satisfaisante à une série sans équivalent. Je pense que la série avait fait son temps et je la vois se terminer sans regret, mais c’est vrai que j’aimerais lui trouver un successeur et que, pour l’instant, je ne vois pas.

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The Boys vol. 11: Over the Hill with the Swords of a Thousand Men

Le pitch : Un accident impliquant le président des Etats-Unis fait exploser la cocote-minute contenant le Homelander, Vougth American et les Boys.

L’avis : Puisqu’il s’agit de l’avant-dernier tome de The Boys, je m’attendais à ce que les éléments de la conclusion se mettent en place, mais pas à ce que ça aille si vite. En effet, si le tome démarre plutôt doucement avec Garth Ennis qui continue à développer les intrigues secondaires (la famille de Mother’s Milk, le couple Hughie-Starlight, etc), le fameux accident présidentiel que j’évoquais plus haut fait basculer le récit vers la résolution de l’affrontement entre Butcher et Homelander, avec Vougth American au milieu. Avec un suspense maitrisé, Garth Ennis fait efficacement monter la pression et nous réserve une surprise de taille. Le tout se conclut dans un déluge de violence. Je suis resté pantois devant le « The end » de la dernière case, qui aurait très bien pu être un point final à la série, en effet, sauf que Butcher nous réserve visiblement encore des surprises. J’avoue être très curieux de ce que va donner la seconde partie de cette conclusion en deux temps. Côté dessin, Russ Braun est aux manettes sur l’essentiel du tome et, sans être extraordinaire, c’est tout-à-fait plaisant. Malheureusement, sur le dernier épisode, il a dû appeler à la rescousse John McCrea, lui même assisté de Keith Burns, et certaines planches sentent gravement l’urgence, ce qui vient un peu gâcher la conclusion. Cela dit, vivement la suite.

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The Boys vol. 10: Butcher, Baker, Candlestickmaker

Le pitch : Les origines de Butcher, de son enfance face à un père violent à son recrutement par Mallory, en passant par une guerre aux Malouines, un mariage et quelques enterrements.

L’avis : Pour la troisième fois après Herogasm et Highland Laddie, le nouveau tome de The Boys est en fait le recueil d’une mini-série publiée en parallèle à la série régulière. Pour la peine, cette fois-ci, le récit est véritablement déconnecté des évènements présents et les autres personnages de l’équipe sont totalement absents. Cela dit, ce n’est pas un hasard si Garth Ennis nous livre l’histoire de Butcher à ce moment précis, car il entre en résonance avec les derniers évènements.

Dans l’ensemble, je dirais que c’est un des meilleurs tomes de la série. La progression de l’intrigue est intéressante, avec des tonalités différentes selon les époques. Le choix de faire raconter tout cela par Butcher lui-même à son père reposant dans son cercueil est bien vu, jusqu’à la scène finale, entre rire et amertume, qui conclue parfaitement l’affaire. Etant donné que le tome est dédié à un personnage particulièrement violent, on aurait pu s’attendre à une débauche de scènes trash. Or, ce n’est pas le cas, mais une scène en particulier (dont je ne dévoilerai rien) ne fait pas dans la dentelle et elle est particulièrement percutante. Finalement, le seul véritable bémol à mon enthousiasme concerne la partie romance du scénario. J’ai trouvé le coup de foudre un peu rapide, la femme un peu trop parfaite et la romance un peu mielleuse. Garth Ennis n’est pas aussi à l’aise sur ce terrain que sur d’autres. Côté dessin, j’ai retrouvé avec grand plaisir le trait de Darick Robertson. J’espère d’ailleurs qu’il rempilera pour la fin de la série régulière, que j’attends maintenant de pied ferme.

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The Boys vol. 9: The Big Ride

Le pitch : Retour sur le passé des Boys par Butcher et surtout par Mallory, qui vide son sac à Hughie.

L’avis : Ce neuvième tome de The Boys n’est pas un poids plume. Il rassemble pas moins de douze épisodes de la série, une grande partie dédiée aux origines des Boys, depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à la première confrontation avec l’équipe des Seven, en passant par le recrutement de Butcher par Mallory. Il a donc tout pour être un tome central riche en révélations, me direz-vous. Et bien, oui et non. Certes, le voile est levé sur beaucoup de détails qui jusqu’ici n’avait été qu’évoqués et on sent bien que Garth Ennis dirige doucement la série vers sa conclusion, mais on ne peut pas vraiment dire que l’histoire réserve beaucoup de surprises. Il y a d’ailleurs une scène très révélatrice où Hughie dit en substance à Mother Milk qu’il a apprit beaucoup de chose auprès de Mallory, mais qu’il n’est guère plus avancé. C’est un peu l’impression que j’ai eu en tant que lecteur et c’est un peu frustrant.

Ce tome a également deux particularités notables. La première, c’est la quasi-abscence d’humour. Tout cela est très sérieux, ce qui est quand-même assez regrettable. The Boys, c’était quand-même à la base une série satirique et burlesque ultra-trash, ce qui faisait en grande partie son originalité. La deuxième particularité, c’est la place substantielle donnée aux scènes de guerre. Il est indéniable que Garth Ennis est un maître dans le genre, et même si on est pas au niveau de ses War Stories ou encore de Dear Billy, on sent que Garth Ennis se fait plaisir, et nous aussi par la même occasion. Enfin, on regrettera que Darick Robertson soit absent de ce tome, si ce n’est au travers des couvertures de chaque épisode. Russ Braun et John McCrea ne s’en sortent pas mal, mais ça reste très nettement en deçà de ce que proposait le dessinateur initial de la série.

Bref, voilà encore un tome pas inintéressant, mais pas emballant non plus, et j’ai quand-même de plus en plus le sentiment qu’il faudrait que tout cela se conclue rapidement. Ca tombe bien, la fin est annoncée avec le n°72 de la série.

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The Boys vol. 8: Highland Laddie

L’histoire : Hughie retourne dans la ville de son enfance pour se remettre les idées en place après les derniers évènements. Ce retour aux sources risque de ne va pas s’avérer aussi revigorant qu’il l’aurait souhaité.

L’avis : Ce nouvel opus de The Boys est en fait le recueil d’une mini-série publiée en marge de la série régulière. Ce fut déjà le cas avec Herogasm et, tout comme à l’époque, il y a dans le scénario des éléments importants pour l’avenir. Si vous êtes un lecteur de The Boys, ne croyez donc pas que ce tome soit optionnel.

Là où Highland Laddie se démarque assez franchement de la série régulière, en revanche, c’est en termes de violence et de sexualité. Garth Ennis met très nettement la pédale douce à ce niveau pour privilégier les moments d’introspection de Hughie et ses conversations avec les autres personnages. Ça donne lieu à quelques passages fort bien écrits sur le rapport à la famille et au passé, en particulier sur les difficultés qu’on peut avoir à être considéré différemment de ce que nous étions avant alors même que l’eau est passé sous les ponts depuis. Vous aurez le droit tout de même à une dose minimale d’action, mais c’est finalement assez accessoire. Côté dessin, John McCrea assure une performance solide. Son principal défaut est que ses personnages ne ressemblent pas toujours à ceux de la série régulière, tels qu’ils ont dessinés par Darick Robertson. C’est particulièrement vrai pour Hughie. Vu que c’est le personnage principal, c’est un peu gênant.

Au final, Highland Laddie s’avère être un tome tout à fait honnête, mais je ne serai pas mécontent de retrouver les autres personnages et le dessin de Robertson pour la suite.

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The Boys vol. 7: The Innocents

L’histoire : Butcher découvre la relation entre Hughie et Annie. Il met alors tout en place pour en tirer profit, au détriment du couple.

L’avis : Pas de surprise majeur sur la forme et sur le fond pour ce septième tome de The Boys. Garth Ennis continue de nous proposer son ragoût fait de cul tendance cradingue, d’ultra-violence et de détestation des superhéros, le tout agrémenté d’une bonne dose d’humour. Ce qui fait que la recette reste intéressante, c’est qu’il construit tout cela autour d’un scénario qui donne le sentiment d’assister à une partie d’échec où chacun des pions avance vers une résolution qu’on imagine terrible, sans qu’on sache vraiment qui va faire échec et mat. Cette fois, Butcher apparaît comme un vrai pourri de manipulateur, ce qui n’échappe pas entièrement à Mother Milk. On souffre pour Hughie qui prend de plein fouet les manœuvres de Butcher. Pendant ce temps, The Homelander met en place sa rébellion jusqu’ici larvée. Tout ça s’appuie sur des personnages qui continuent à prendre de l’épaisseur. Bref, l’intrigue avance doucement, mais surement. Au niveau du dessin, trois artistes officient chacun sur sa partie. John McCrea prend en charge le prologue dans un style qui détonne un peu de celui de Darick Robertson, mais très appréciable en soi. Robertson, justement, illustre le chapitre central et c’est un vrai plaisir. Il laisse ensuite la place à Russ Braun, un petit cran en dessous, mais qui ne démérite pas. Bref, The Boys reste de la bonne came et, puisque le tome se conclue sur une note dramatique, me voilà à nouveau avec une franche envie de lire la suite.

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Crossed vol. 1

L’histoire : Une épidémie d’origine inconnue transforme tous ceux qu’elle touche en pervers sadiques ultra-violents. Ceux qui y échappent tentent de survivre.

L’avis : Difficile de ne pas comparer Crossed et The Walking Dead, que j’ai déjà largement chroniqué. La comparaison s’impose à l’évidence, car, dans les deux cas, il s’agit d’explorer comment des individus normaux confrontés à l’horreur suprême s’organisent et s’adaptent pour survivre. Alors, puisque la comparaison s’impose, je vous propose une petite critique sous forme de duel, point par point.

Horreur : Toute la promo de Crossed était centrée sur le fait que la série allait dépasser toutes les limites de l’horreur en mettant en scène, non pas de simples zombies décérébrés, mais des individus dont les pires instincts sont poussés à l’extrême et qui tirent leur plaisir de la souffrance d’autrui. On nous promettait donc de multiples scènes de viols, tortures, démembrements et j’en passe. La promesse est tenue, sans aucun doute, et ceux qui n’ont pas le cœur bien accroché ont tout intérêt à passer leur chemin. Cela dit, tout cela relève finalement d’une horreur très graphique et peu psychologique, à deux ou trois exceptions près dans le récit (en particulier les scènes avec les enfants). The Walking Dead n’est pas dénué d’effets gores, ça va sans dire, mais paraît plus soft visuellement en comparaison. En revanche, la série joue beaucoup plus sur l’imminence de ce qui va frapper les personnages, et, en cela, l’épouvante est plus forte. Avantage donc à The Walking Dead.

Développement des personnages : D’un côté, une mini-série en dix épisodes, de l’autre, une série régulière qui court depuis plusieurs années. Sans surprise, c’est bien la seconde qui réussit le mieux à développer une galerie de personnages ayant suffisamment de corps pour qu’on s’y attache. Garth Ennis semble lui se concentrer sur les deux protagonistes principaux, réduisant peu ou prou le reste du casting à quelques personnages prototypiques. Certains auraient très clairement mérité d’être creusés. Ce n’est pas une critique majeure, dans le sens où le récit fonctionne bien tel quel, mais j’ai tout de même eu le sentiment d’un certains détachement lorsque ces personnages mourraient, faute d’avoir eu suffisamment d’éléments pour tisser des liens avec eux. Avantage très net à The Walking Dead, donc.

Narration et écriture : Plus linéaire que The Walking Dead, c’est difficile. Crossed, au contraire, propose une narration à plusieurs temps. Certaines scènes se déroulent juste après le début de l’épidémie, d’autres bien plus tard. De plus, la voix-off propose un regard plus distancié sur les évènements. Même si j’ai eu un peu de mal avec certaines transitions entre époques, j’ai trouvé que la mise en parallèle du récit permettait de mieux comprendre les personnages principaux. A côté de ça, j’ai été très surpris par le rythme imposé par Garth Ennis. Je m’attendais à un récit très tendu où les scènes de gores s’enchaineraient, mais c’est très loin d’être le cas. Il y a beaucoup de scènes très calmes qui offrent de belles variations de rythmes. Bien-sûr, c’est dans ces scènes que les dialogues et la voix-off sont rois et Garth Ennis y marquent bien plus de points que le bavard Robert Kirkman. L’écriture d’Ennis est nettement plus fine et maîtrisée, c’est évident. Crossed gagne ici le duel.

Illustrations : Garth Ennis retrouve Jacen Burrow, avec qui il avait déjà travaillé sur l’excellent Chronicles of Wormwood. A mon avis, Jacen Burrow est l’artiste le plus complet de l’écurie Avatar et, en cela, c’est le dessinateur parfait pour Crossed. Ses scènes de gores sont hardcore à souhait et, en même temps, ses personnages expriment avec finesse toute une palette de sentiments. Très bon travail, encore une fois. Malheureusement pour lui, au petit jeu de la comparaison, il ne peut que perdre face au talentueux Charlie Adlard dont les qualités techniques, en particulier à l’encrage, sont très nettement supérieures.

And the winner is… The Walking Dead, sans hésitation, et ce même si Garth Ennis est bien meilleur scénariste que Kirkman dans l’absolu. En tout cas, ce n’est pas une défaite par KO pour Crossed et j’encourage les fans du genre à ne pas bouder cette mini-série. De mon côté, je suis même prêt à signer pour les volumes suivants, même s’il ne s’agit pas d’une suite à proprement parler et que les auteurs changent. David Lapham motivé par l’envie de surpasser Garth Ennis, ça peut le faire.

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The Boys vol. 6: The Self-Preservation Society

L’histoire : Vought American décide de tester les Boys en leur envoyant Payback, dont le leader Stormfront risque bien de leur donner du fil à retordre.

L’avis : Après Herogasm, The Boys met la pédale douce sur le sexe. La première partie du TPB fait relativement peu avancer les éléments principaux de l’intrigue : Homelander fait la gueule, Annie refuse d’être transformée en icône sexuelle par le service marketing de Vought American, Hughie s’interroge sur sa place dans l’équipe et sur la nécessité de tant de violence. C’est à peu près tout, le reste étant une grosse louche de violence graphique et d’humour noir. Business as usual, en somme. Carlos Ezquerra est au dessin. Sans réellement se démarquer de Darick Robertson, il livre une prestation tout à fait correcte à défaut d’être vraiment enthousiasmante. Les quatre épisodes suivants voient le retour de Darick Robertson pour illustrer les origines des trois des Boys. Celles de Mother Milk sont les plus fouillées et les plus tragiques. Le Frenchman a le droit à un récit d’une crétinerie hilarante où les stéréotypes sur les français sont poussés à l’extrême. L’épisode consacré à The Female m’a un peu laissé sur ma faim, en revanche. Le fil rouge des trois origines est la présence du mystérieux Malory, jusqu’ici uniquement évoqué et qui apparait pour la première fois sans qu’on ne voit jamais son visage. C’est d’ailleurs assez emblématique de la façon dont Garth Ennis gère l’avancement de la série. Il bouge les pièces de l’échiquier très lentement, mais suffisamment pour maintenir l’intérêt du lecteur, tout du moins de celui qui s’y retrouve dans les scènes de trash qui forment le gras de l’histoire. J’imagine que certains lecteurs doivent trouver l’exercice répétitif, mais, moi, je continue d’y trouver mon compte.

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The Boys vol. 5: Herogasm

L’histoire : Comme tous les ans, l’ensemble des super-héros prétextent un méga-évènement, cette fois une invasion extra-terrestre à repousser, pour se retrouver dans un hôtel planqué dans les caraïbes. Au programme, orgie de sexe et de drogue ! Vic the veep, le vice-président des Etats-Unis, est de la partie. Les Boys voient là une occasion d’aller glaner un peu d’info sur leurs ennemis.

L’avis : Herogasm a été publié initialement sous forme de mini-série distincte de la série régulière. On se demande bien pourquoi ? L’histoire démarre en faisant référence à la fin du tome précédent, ce qui jusqu’ici n’est pas trop grave, mais surtout elle contient des éléments fondamentaux pour la suite de la série. Soyez donc prévenu, si vous comptiez faire l’impasse sur ce vol. 5.

Garth Ennis continue de creuser ce qui fait la spécificité de The Boys, c’est-à-dire le passage au vitriol des mythes du super-héros. La dernière fois, on a eu le droit à des X-Men (pardon, des G-Men) dysfonctionnels et pédophiles. Ce coup-ci, ce sont les cross-overs pompes à fric, si chers à DC et Marvel, qui passent à la moulinette. J’avoue que l’intro m’a bien fait rire. Ensuite, ce pan du scénario se résume à des scènes de sexe et de défonce à répétition, avec le curseur trash poussé au taquet. Je vous passe les détails, mais c’est du lourd. Personnellement, j’ai vite saturé et, mis à part quelques gags bien sentis, je suis vite passé sur ces pages.

Pour ce qui est du reste, le projecteur n’est finalement que peu dirigé vers les Boys. Ce sont plutôt les Sevens et l’énigmatique représentant de Vought American qui volent la vedette. C’est d’ailleurs par eux que l’intrigue de fond de la série avance le plus. Vought American dévoile son jeu. On en apprend plus sur ce qui s’est passé le 11 septembre au sommet de l’état. Homelander est à deux doigts d’amorcer une rébellion contre Vought American. Et surtout, Black Noir, personnage jusqu’ici totalement transparent malgré son nom, entre en jeu. Tout ça fournit les élements d’intrigue les plus intéressants et le plus prometteurs pour la suite.

Au dessin, John McCrea, assisté de Keith Burns, propose sa version des personnages, différente de celle de Darick Robertson, mais tout aussi valable. Globalement, j’ai bien apprécié les scènes les plus sérieuses, plus affutées que les scènes d’orgies dans un style cartoon porno. Le dernier épisode m’a semblé réalisé un peu plus à la va-vite, ce qui, couplé à une narration assez confuse, rend la fin de l’ouvrage quelque peu décevante.

Pour conclure, je dirais que Herogasm est un peu en retrait par rapport aux deux derniers tomes de The Boys. Malgré tout, les meilleurs passages contribuent à maintenir mon intérêt pour la série. En cela surtout, l’exercice est réussi.

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