Joe the Barbarian

Le pitch : Joe, adolescent diabétique, est pris d’une violente crise d’hypoglycémie dans sa chambre à l’étage, un jour où il est seul chez lui. La descente jusqu’à la cuisine à la recherche d’un soda salvateur se transforme en quête dans un univers extraordinaire peuplé d’échos de sa vie réelle.

L’avis : Très bonne lecture que ce Joe the Barbarian dont le personnage principal n’a vraiment rien d’un barbare. C’est au contraire un ado qui a la tête sur ses épaules malgré la perte de son père, pas trop sûr de lui mais courageux, et au global plutôt attachant. Grant Morrison lui fait tracer une route chancelante entre hallucination et réalité sans perdre le lecteur au passage, ce qu’on pouvait redouter connaissant la propension de l’auteur à faire dans l’obscur. Le récit bénéficie aussi d’une galerie de personnages secondaires hauts en couleur, même si tous ne sont pas véritablement exploités. La quête de Joe donne lieu à une aventure riche en action jusqu’à une résolution pas tout à fait surprenante, mais satisfaisante. Tout ça est sublimé par le dessin remarquable de Sean Murphy. Il arrive à donner une véritable âme à la maison de Joe dans le monde réel, avec des perspectives étirées à la mesure des hallucinations de Joe. Quant au monde fantastique, il lui donne l’occasion d’être créatif à souhait. C’est riche, dynamique, avec des planches superbement composées et un encrage splendide. A vrai dire, j’aurais été totalement enthousiaste si le récit avait été plus court, parce que j’ai trouvé quand-même le temps un peu long à la fin. Je fais peut-être un peu la fine bouche, car qui peut se plaindre de deux épisodes supplémentaires de Sean Murphy ? Certes, mais c’est l’impression générale qui compte. Cela dit, je recommande tout à fait cette lecture.

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Batman and Robin: Batman and Robin Must Die

Le pitch : Tandis que le retour de Bruce Wayne se profile à l’horizon, Batman et Robin affrontent directement le Dr Hurt, avec l’aide inattendue du Joker.

L’avis : Après un début plutôt enthousiasmant et un second tome un cran en dessous, le troisième et dernier TPB de l’intermède sans Bruce Wayne a fini par me décevoir. Certes, il y a de bonnes choses à souligner : le traitement du Joker est réussi, Robin continue de voler la vedette à Batman de fort belle façon et les illustrations de Frazer Irving ont cette grâce étrange qu’on leur connait. Tout cela sauve l’histoire. Malheureusement, Grant Morrison est un scénariste capable de m’irriter autant qu’il est capable de m’inspirer de l’admiration. J’ai retrouvé dans ce tome son versant obscur, avec une narration parfois confuse et ennuyeuse. De plus, le retour de Bruce Wayne tombe littéralement à plat. Le dernier épisode, s’il souffre des dessins sans grand intérêt de David Finch, a le mérite d’introduire Batman Incorporated, le nouveau concept de Grant Morrison, qui est suffisamment original pour donner envie d’en savoir plus. On verra lorsque le TPB sortira si la curiosité est toujours là.

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Batman & Robin: Batman vs. Robin

Le pitch : Dick Grayson se rend à Londres à la recherche d’une fosse de Lazare pour y faire ressusciter ce qu’il croit être le corps de Bruce Wayne.

L’avis : Tout comme le tome précédent, ce recueil se divise en deux parties aux tonalités assez différentes. On commence par un arc assez loufoque par certains aspects, où Batman croise toute une galerie de personnages aussi british que barrés. Batwoman fait aussi une apparition et le scénario semble avoir un lien avec l’event DC Blackest Knight. Le mélange de tout ça se laisse lire d’autant que le style de Cameron Stewart est parfaitement adapté. Dans la seconde partie, Grant Morrison reprend un ton plus sérieux, développe mieux les éléments de l’intrigue principale et on sent qu’on converge vers le retour de Bruce Wayne. Côté dessin, Andy Clarke m’a fait une très bonne première impression avec son trait précis et ses mises en page efficaces, mais, au fil de la lecture, j’ai trouvé certaines postures très statiques, ce qui m’a un peu refroidi. Globalement, n’ayant pas lu run de Morrison avant Batman & Robin, certaines références m’ont échappé (qu’est-ce donc que le Black Glove, par exemple ?) et c’est ce qui m’a fait un peu hésiter avant de commander la suite, ce que j’ai finalement fait. J’espère juste que le dernier volet de Batman & Robin avant Batman, Incorporated restera relativement accueillant pour ceux qui ont pris le train en marche.

Pour voir : Cameron Stewart et Andy Clarke
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Batman & Robin: Batman Reborn

L’histoire : Suite à la disparition de Bruce Wayne, Dick Grayson, celui qui fut le premier Robin, reprend l’identité de Batman. Il est assisté par Damian Wayne, une teigne qui n’est autre que le fils de Bruce.

L’avis : Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de comics situé dans l’univers DC. D’ailleurs, l’une des dernières fois, c’était déjà une production Morrison/Quitely avec All Star Superman. Quant à Batman, cela faisait des lustres. Depuis, Bruce Wayne est sensé avoir disparu, le dernier Robin en date est parti à sa recherche et nous voici avec une nouvelle incarnation des personnages. Heureusement, le scénario m’a vite mis au jus avec l’essentielle des informations à connaître pour apprécier le reste de l’histoire.

Ce Batman & Robin s’avère être d’une facture relativement simple. Morrison reste très terre à terre, loin des concepts parfois obscurs dont il a l’habitude. Il positionne son scénario très clairement dans le registre de l’action, avec des combats souvent violents. Le script est nerveux et efficace. Les personnages ont des caractères bien définis, avec une mention particulière pour Alfred dont j’ai beaucoup aimé les lignes de dialogue. Dick Grayson est assez fidèle au souvenir que j’avais de Nightwing. Il ne se prend pas pour Bruce Wayne, même s’il en a repris le costume. Robin est un gamin surdoué et tellement arrogant qu’il en devient une tête à claque. On est presque content qu’il se prenne une bonne dégelé à la fin du bouquin. Les ennemis qu’ils combattent sont bien barrés et bénéficient de design très originaux de la part de Quitely. Bref, dans l’ensemble, Grant Morrison présente un échiquier avec de jolis pions qu’il bouge avec dextérité.

Dans le détail, l’impression n’est pas la même selon qu’on s’intéresse à la première ou à la seconde partie du recueil. Dans la première, Morrison est accompagné de Frank Quitely et l’alchimie entre les deux hommes est évidente. Il n’y a franchement rien à redire du point de vue narratif et Quitely est en grande forme. Autant dire qu’on s’en prend plein les mirettes. En plus, Quitely joue avec les effets sonores en les incorporant au dessin de façon très futée. Le second arc est pris en charge par Philip Tan et le changement est assez radical. C’est plus conventionnel, dans un style in your face. La violence se fait plus brutale. D’un point de vue purement technique, ça se regarde plutôt bien, au moins au début, mais les cadrages et les perspectives ne sont pas toujours très inspirés. Les poings et les pieds au premier plan, par exemple, ça va un moment, mais à la longue, ça lasse. Et puis la mise en couleur change sur le dernier épisode, on ne sait pas bien pourquoi et ce n’est pas du meilleur effet. Comme, par ailleurs, la conclusion de l’histoire se résume à un gros fight répétitif, la fin de l’ouvrage s’avère plutôt décevante.

En résumé, ce premier tome de Batman & Robin propose le meilleur et du moins bon qui, par comparaison, fait tâche. Je préfère ne retenir que le meilleur en attendant la suite, avec Cameron Stewart (yeah !) et Andy Clark (connais pas) au dessin.

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All Star Superman vol. 2

L’histoire : Se sachant mourrant, Superman tente d’accomplir les derniers exploits qui prépareront l’humanité à vivre sans lui. Lex Luthor, toujours obnubilé par sa Némésis, a des ambitions bien moins altruiste.

L’avis : Suite et fin du Superman si particulier de Grant Morrison et Frank Quitely, devenu quasi-instantanément un classique. Je reste sur la même impression qu’après la lecture du volume 1. Le scénario est parsemé d’idées originales qui font souffler un vent d’air frais sur le mythe. Morrison fait appel à l’intellect du lecteur, quitte à rendre les choses un peu abstraites parfois, mais sans se perdre dans une narration inaccessible comme il a pu le faire à d’autres occasions (qui a dit Seven Soldiers ?). Cela dit, si j’ai sans aucun doute aimé cette lecture, je ne serais pas aussi dithyrambique que d’autres chroniqueurs. En particulier, je n’ai pas été sensible à l’impact émotionnel du récit qui était souvent souligné dans les critiques. Est-ce dû au peu d’attachement que j’ai pour le personnage ? Peut-être. Pourtant, Frank Quitely sait sans aucun doute faire passer l’émotion, et ce n’est pas sa seule qualité. Je dirais même, qu’au bout du compte, All Star Superman est surtout remarquable au niveau graphique. Chaque page est un réel bonheur pour les yeux. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre le Batman & Robin du même tandem d’auteur. Dans la mesure où je préfère largement les personnages à Superman, je m’attends à une grosse claque.

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All Star Superman vol. 1

L’histoire : Une mission d’observation du soleil se transforme en cauchemar pour les astronautes de la station lorsque l’un d’entre eux se révèle être un terroriste à la solde de Lex Luthor. Superman intervient et sauve la situation. Son exposition rapprochée au soleil booste ses pouvoirs dans des proportions incroyables, mais s’avère avoir des effets plus que néfastes. Superman se meurt et il a bien l’intention de profiter du temps qu’il lui reste pour mettre certaines choses en ordre, à commencer par révéler sa véritable identité à Loïs Lane.

L’avis : All Star Superman est l’opportunité donnée à Grant Morrison de jouer avec la plus grande icône du monde des super-héros sans s’encombrer du poids de l’histoire du personnage. Il reprend donc l’essentiel des ingrédients propres aux récits de Superman pour les présenter de façon originale dans le cadre de six épisodes relativement indépendants. On ne peut pas parler d’une vraie rupture avec le classicisme du personnage, mais plutôt d’une relecture au travers du filtre Morrison, fait de dialogues intelligents, de drôlerie, et de concepts barrés à faire péter quelques neurones. N’étant pas un grand fan de Superman, le personnage le plus barbant de l’univers DC, tout n’a pas parfaitement fonctionné pour moi, notamment les scènes avec Atlas et Samson, mais je me suis quand-même bien pris au jeu. A cela s’ajoute l’incroyable prestation graphique de Frank Quitely. J’ai retrouvé ce dessinateur avec grand plaisir et il m’a même étonné par l’élégance de son trait sur ce coup là. Le dessin est subtil, détaillé tout en donnant l’impression d’être assez dépouillé parfois, et les scènes d’action ont un souffle énorme. Bravo donc au tandem Morrison/Quitely pour avoir réussi à me donner envie de lire la suite des aventures du grand benêt en collant.

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