Descender vol 1: Tin Stars

Le pitch : Tim 21, robot companion pour enfant, se réveille après dix ans de sommeil dans un monde où les robots sont jugés responsables d’une catastrophe planétaire.

L’avis : Descender plaira sans aucun doute à ceux qui, comme moi, sont friands de récits futuristes nous renvoyant à la place de la robotique dans notre société. Ce n’est pas tant que le récit de Lemire explore explicitement ces question, mais en mettant au centre de l’intrigue un robot emphatique, la réflexion s’impose assez naturellement. Pour le reste, c’est un récit de SF de facture assez classique, avec une galeries de personnages, humains ou robots, déjà bien développée. J’ai eu un petit peu de mal avec le robot mineur et sa psychologie agressive à deux neurones, mais le reste m’a convaincu. Comme, par ailleurs, la série bénéficie d’une joli travail de Dustin Nguyen, très élégant au maniement du crayon mais aussi à la mise en couleur en aquarelle, ce premier tome en appelle un second. Ca tombe bien, il vient de sortir.

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Trillium

Le pitch : La rencontre amoureuse d’une botaniste du futur qui cherche dans une fleur la solution à l’extinction de l’humanité, et d’un explorateur des années 20 qui se remet du traumatisme de la guerre de tranchées.

L’avis : Après le très réussi Sweet Tooth, je n’ai pas hésité à suivre Jeff Lemire dans ce récit de SF psychédélique. Le début de l’ouvrage m’a fait croire que j’étais parti pour me régaler. En effet, l’entame pose très bien le contexte et les personnages d’un récit prometteur, très classique sous certains aspects mais plutôt mystérieux. Au tiers du récit, Jeff Lemire change de braquet et fait de la narration expérimentale, avec des compositions en miroir. C’est plutôt réussi, intéressant à lire et à relire, mais il faut dire que ça se fait un peu au dépend de l’immersion dans le récit. Le dernier tiers redevient plus linéaire et met l’accent sur la romance entre les personnages jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée assez plate. L’impact émotionnel recherché ne m’a pas vraiment atteint, malgré une belle prestation de Lemire au dessin. L’impression finale est donc assez mitigée. Ce n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, mais la conclusion déçoit.

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Green Arrow vol. 4: The Kill Machine

Le pitch : Oliver Queen se retrouve ruiné et en fuite à cause d’un mystérieux nouvel ennemi. Au passage, il découvre un pan caché de la vie de son père et de ses propres origines.

L’avis : Motivé par un bon bouche à oreille et par l’arrivée de Jeff Lemire aux manettes de la série, je me suis laissé tenté par cette nouvelle mouture de Green Arrow. Parier sur un titre du DCU, ça devient une gageure par les temps qui courent et on ne peut pas dire que mes dernières tentatives furent couronnées de succès. Malheureusement, ce titre ne fera pas exception. Jeff Lemire livre ici une de ses prestations les moins originales. L’écriture n’est pas désagréable, quoique un peu lourde en explication parfois, mais c’est surtout la trame du scénario qui ne m’a guère emballé. C’est une histoire assez prototypique, avec son héros déchu à la recherche de ses origines, sa société secrète tirant les fils dans l’ombre et ses sidekicks aux personnalités unidimensionnelles. Ajoutez à ça un certain nombre d’évènements improbables, voire pas du tout crédibles, et il ne reste plus grand chose à sauver, si ce n’est quelques passages mieux sentis. Côté dessin, l’impression est plus positive. Andrea Sorrentino n’a pas grand chose à se reprocher. Tout au plus ai-je tiqué sur l’encrage de certaines cases, en particulier sur les visages. Pour le reste, il y a pas mal d’intensité et les mises en pages sont souvent très futées. Au final, ça fait une lecture pas désagréable mais vaguement ennuyeuse, et, très clairement, je n’ai pas envie d’aller plus loin.

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Animal Man vol. 3: Rotworld: The Red Kingdom

Le pitch : Animal Man et Swamp Thing s’allient pour aller affronter Anton Arcane sur son terrain.

L’avis : Voici donc le premier volume du crossover Rotworld entre Animal Man et Swamp Thing. Comme je le disais précédemment, je redoutais un peu ce que ça allait donner. J’ai bien cru que j’allais être agréablement surpris, car l’entame du recueil n’est pas si mauvaise que ça. J’ai suivi avec intérêt les récits parallèles concernant, d’une part, la descente d’Animal Man et Swamp Thing dans le monde du Rot et, d’autre part, Maxine, sa famille et leurs adversaire. Dans les deux cas, la dimension horrifique du récit est toujours aussi réussie, notamment sur les parties prise en charge par Steve Pugh. J’ai aussi bien aimé d’une certaine façon le monde apocalyptique dans lequel se retrouve Animal Man et la relecture des différents héros DC ayant survécu. Malheureusement, tout ça évolue comme on pouvait s’y attendre vers une grosse baston généralisée sans grand intérêt, d’autant que la confrontation finale est illustrée par un Andy Belanger, loin d’être convaincant. Pire, cet épisode réintroduit Swamp Thing qui a visiblement œuvré de son côté (sans qu’on sache quoi exactement) et qui arrive avec une solution toute faite pour changer le cours de l’affrontement. Pour le lecteur, c’est tout bonnement insupportable. C’est l’exemple type du crossover qui perd tout intérêt lorsqu’il est mal compilé en TPB. Heureusement, l’épilogue atténue un peu le désastre. Le récit se recentre sur Animal Man, un des personnages meurt (avec un impact émotionnel immédiat moins fort que ce qu’il aurait pu être), les funérailles sont touchantes et bouleversent le status quo.

Au final, ce qui est sûr, c’est que ce crossover va faire au moins une victime, Swamp Thing. Hors de question que j’achète le TPB correspondant en sachant déjà le fin mot de l’histoire, uniquement pour boucher les trous. Si on regarde les textes de sollicitation, il semblerait même que des épisodes soient reproduits dans les deux TPB, ce qui serait le pompon. Je ne vais même pas chercher à vérifier, j’arrête la série, point barre. Quant à Animal Man, je ne sais pas encore. Les deux derniers épisodes me laisse l’espoir de quelques bonnes histoires encore. On verra.

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Sweet Tooth vol. 6: Wild Game

Le pitch : En route vers l’Alaska, là où tout à commencé, Gus, Jepperd et leurs amis sont suivis de près par Abbot et sa milice.

L’avis : Jeff Lemire offre avec ce sixième et ultime tome de la série une conclusion très satisfaisante à Sweet Tooth. Pourtant, le scénario ne réserve rien de véritablement surprenant. On n’apprend pas grand chose de plus sur les origines de Gus et de l’épidémie que ce qui a été révélé lors du tome précédent. Ceux qu’on attendait de voir mourir meurt, ceux qu’on s’attendait à voir survivre survivent, mais tout ça est fort bien raconté. De plus, le dernier épisode apporte une belle note finale en passant en revue en version accélérée le futur des survivants.

Sur le plan formel, ce dernier tome est à la hauteur des précédents. Jeff Lemire nous refait le coup de l’épisode en prose illustrée à l’horizontale dont je suis modérément fan. Pour le reste, il fait preuve comme à son habitude de grandes qualités narratives, avec des mises en pages inventives et des beaux moments de qualité émotionnelle. A noter également quelques planches illustrées par Nat Powell, très sympathiques aussi.

Au global, cette série est loin d’être révolutionnaire, mais elle s’est avéré plaisante à suivre de bout en bout, avec une grande constance dans la qualité de l’exécution et une conclusion réussie (pour retrouver l’ensemble de mes critiques, c’est ici). A ce titre, Sweet Tooth mérite largement le détour.

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Animal Man vol. 2: Animal vs. Man

Le pitch : Buddy Baker se retrouve sur la route avec sa famille, mais ils ne vont pas tarder à se faire rattraper par les forces du Rot.

L’avis : Après un premier tome réussi, j’ai eu peur que cette série s’essouffle dès l’entame du second. Les deux premiers épisodes ne m’ont en effet pas franchement convaincu, la faute à une intrigue qui avance peu, un personnage secondaire (la belle-mère) insupportable et un dessin inconsistant, puisque Travel Foreman et Steve Pugh, aux styles très différents, se partagent le boulot. Au troisième épisode, Travel Foreman quitte le navire et Steve Pugh montre enfin toutes ses capacités à illustrer un titre d’horreur graphique tel qu’Animal Man. Ensuite, changement de style avec Timothy Green II qui fait lui aussi un très bon boulot sur l’Annual de la série. C’est l’occasion pour Jeff Lemire de nous ramener fin XIXème pour raconter l’histoire d’un ancien Animal Man au destin très parallèle à celui de Buddy Baker. Après cette petite digression, on revient dans le présent et Buddy rencontre les Totems du Red, subit quelques transformations et retrouve sa famille. Steve Pugh reprend la main, puis la cède à Alberto Ponticelli, puis la reprend à nouveau pour l’épisode 0 qui revient sur les origines d’Animal Man. Vous l’aurez compris, côté dessin, ça ne tient pas en place, mais on ne va se plaindre, car, mis à part les deux premiers épisodes, c’est plutôt du travail de grande qualité. Le scénario aussi tient bien la route, avec quelques bonnes idées qui rendent attrayante cette espèce de mythologie selon laquelle le monde est gouverné entre trois forces à l’équilibre précaire. Quant aux personnages, si la belle-mère est effectivement à flinguer, les enfants, eux, sont très bien écrits. La suite, ce sera le crossover avec Swamp Thing, qui, j’espère, ne fera pas retomber le soufflet.

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Sweet Tooth vol. 5: Unnatural Habitats

Le pitch : En 1911, une expédition à la recherche de missionnaires perdus découvre ce qui pourrait être à l’origine de l’épidémie qui détruit l’humanité. De nos jours, Gus, Jepperd et leur bande finissent par découvrir la vérité au sujet du barrage dans lequel ils ont trouvé refuge.

L’avis : Pour la première fois depuis le début de la série, Sweet Tooth s’autorise une digression dans un passé où aucun des protagonistes habituels ne figure. En effet, les trois premiers épisodes de l’ouvrage font le récit d’une expédition chez les Inuit au début du siècle où, apparemment, l’épidémie a pris source. Une explication (provisoire ?) est fournie, avec un premier enfant hybride qui ressemble fort à Gus, mais sans qu’on sache quelle est la relation exacte entre les deux. Tout ça est passionnant et laisse une part de mystère pour plus tard. Comme en plus, Lemire laisse le crayon à Matt Kindt, le dessin participe au sentiment de fraicheur qu’apporte cette digression.

Ensuite, Lemire reprend la main et le court de l’histoire par la même occasion. L’intrigue avance et conclue l’histoire du barrage qui avait été entamé dans le tome précédent. Au passage, un nouveau personnage est introduit, un autre disparaît. Dans l’ensemble, tout ça se lit bien avec de l’action et le développement de la personnalité de certains personnages. Mention spéciale à Bobby, le plus attachant des hybrides. Bref, Lemire nous propose encore une très bonne lecture, même si je commence à être impatient que toute cela se conclut. Ça tombe bien, le prochain tome sera le dernier.

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Animal Man vol. 1: The Hunt

Le pitch : De nos jours, Buddy Baker, alias Animal Man, est plus père de famille et acteur de film indépendant que super-héros. Mais sa petite fille, en montrant des aptitudes semblables et même supérieures aux siennes va changer radicalement la donne.

L’avis : Avant toute chose, je me dois de préciser que je n’ai jamais lu les aventures précédentes d’Animal Man, en particulier le fameux run de Grant Morrison. J’ai donc abordé cette histoire en toute naïveté et je dois bien dire que j’ai été très agréablement surpris. La surprise est d’autant plus forte que le bouquin est étiqueté DC Universe et que c’est du Vertigo pur jus. Vous me direz que c’est une demi-surprise puisque Jeff Lemire est au commande. Certes, mais tout de même, attendez vous à un récit d’horreur avec tout au plus une vague coloration super-héroïque.

Jeff Lemire met en place avec ce premier tome un univers glauque et violent, et ceci avec beaucoup d’efficacité dans la narration. Je pense qu’il est encore un peu tôt pour espérer que les éléments les plus métaphysiques de l’histoire soient pleins de potentiels, car, pour l’instant, ça se résume à une opposition assez manichéenne du bien contre le mal. En revanche, ce qui est beaucoup plus réjouissant et original, ce sont les visuels de Travel Foreman. Les scènes d’horreur sont vraiment très percutantes et tordues à souhait. Le soucis du détail est même tellement impressionnant qu’on lui pardonne quelques approximations sur l’encrage de certaines scènes plus banales (à moins que la faute n’incombe aux deux encreurs additionnels crédités en début d’ouvrage). A noter également que dans le dernier épisode le toujours excellent John Paul Leon met en image le début du film tourné par Buddy Baker. Je ne sais pas si on aura la suite, ce qui serait quelque part une histoire dans l’histoire, ou si c’est plus anecdotique, mais, en tout cas, j’ai beaucoup aimé aussi cette partie. Bref, tout ça fait une très belle entrée en matière pour Animal Man et j’espère que le crossover annoncé avec la nouvelle mouture de Swamp Thing tiendra toutes ses promesses.

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Sweet Tooth vol. 4: Endangered Species

Le pitch : Gus, Jepperd et leur groupe file vers le grand nord et font des rencontres au passage dont il est difficile de dire si elles sont bonnes ou mauvaises

L’avis : Encore un très bon tome de Sweet Tooth. L’intrigue avance doucement, mais sûrement. Elle n’est pas en soi particulièrement originale, mais la galerie de personnages et leurs interactions sont vraiment intéressantes. Côté innovation narrative, Jeff Lemire nous réserve encore quelques surprises, notamment dans une scène de rêve particulièrement réussie où un des personnages frôle la mort. Cette scène est en outre mise en couleur à la peinture à l’eau de la plus belle façon. A noter également qu’un des épisodes contient trois scènes de flashback où Lemire laisse brièvement la place à Nate Powell, Emi Lenox et Matt Kindt, tous très inspirés, visiblement. Au final, j’ai encore très envie de lire la suite. Que demander de plus ?

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Sweet Tooth vol. 3: Animal Armies

L’histoire : Pendant que Gus survit dans le camp de la milice, Jepperd lie des alliances afin de pouvoir aller le sauver.

L’avis : Le plus grand talent de Jeff Lemire est très certainement de donner à ses histoire une réelle qualité émotionnelle à ses histoires et ce troisième tome ne déroge pas à la règle. Difficile de ne pas ressentir une vraie empathie envers les personnages, autant grâce à l’expressivité des dessins de Lemire qu’à la façon dont il construit le monde post-apocalyptique dans lequels ils évoluent. Lemire continue également de tenter des expérimentations narratives intéressantes, avec des mises en page parfois osées. Le seul petit bémol que je pourrais apporter concerne la présence des deux femmes que Jepperd embarque avec lui. Je me suis un peu demandé ce qu’elles faisaient là. J’imagine que Lemire leur prévoit un rôle plus conséquent à l’avenir. On verra bien, car, bien évidemment, je signe pour la suite.

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