
Cela faisait un moment que je ne m’étais pas mis une anthologie sous la dent, mais difficile de résister à ce recueil proposé par Dark Horse, non seulement parce qu’il s’agit de polar noir, un genre que j’apprécie particulièrement, mais surtout à cause de l’impressionnante brochette d’artistes impliqués dans l’affaire.
L’ouvrage commence d’ailleurs très fort avec un morceau de Stray Bullets par David Lapham. C’est intense comme aux grands jours de cette série mythique et on ne peut que se demander pourquoi elle est en hiatus depuis si longtemps. La conclusion est également réjouissante grâce au clin d’œil final de Brian Azzarello à DC Comics et au dessin toujours délicieux des frères Bá et Moon. Entre ces deux pièces, les contributions sont globalement satisfaisantes. Je ne taxerai pas le recueil d’inégal, car on ne peut pas dire qu’il y ait de vilains petits canards au milieu de l’ensemble, mais certaines perles brillent moins qu’elles ne devraient. Même le Criminal de Brubaker et Philips, pourtant dans un noir et blanc qui lui sied parfaitement, se termine trop vite. C’est d’ailleurs le reproche qu’on peut faire à beaucoup des histoires qui composent l’ouvrage : elles laissent un goût de trop peu en bouche. Restent quelques bonnes raisons d’acheter : les dessins splendides de Kano, la narration osée d’Alex de Campi, des découvertes intéressantes, comme les frères Fillbäch ou encore Hugo Petrus, et j’en passe.
Au final, je dirais qu’il ne s’agit probablement pas d’une lecture indispensable, mais je recommande sans hésiter aux fans du genre ce sombre mille-feuille imbibée de meurtre. Ils devraient y trouver leur compte.
