House of Mystery vol. 3: The Space Between

L’histoire : L’arrivée du père de Fig dans la Maison des Mystères lève le voile sur certains de ses secrets, en particulier la place pivot occupée par Harry, le barman.

L’avis : Après avoir lu ce troisième tome, je reste à peu près sur la même position que la dernière fois. L’intrigue avance bien, tout en laissant certains éléments dans l’ombre. On ne peut pas reprocher à Matthew Sturges d’entretenir le mystère, vu le titre de la série. Le problème, c’est que je ne suis pas vraiment captivé par tout ça. C’est agréable à lire, mais loin d’être passionnant. Au dessin, je continue à trouver Luca Rossi plein de qualité. Certaines planches ont visiblement été réalisée sous contraintes temporelles fortes, mais il réussit à glisser quelques scènes assez brillantes, en particulier celles mettant en scène les ennemis de la Maison des Mystères. Quant aux histoires courtes intercalées dans le récit, je les ai trouvé plus inégales qu’au début de la série. Il faut dire qu’elles sont plus nombreuses, avec notamment l’épisode 13 entièrement constitué par elles, on se demande bien pourquoi. Ma favorite est celle dessinée par Grazia Lobaccaro, une dessinatrice à surveiller. Eric Powell n’a pas démérité non plus. En revanche, Jim Fern, Neal Adams, ou encore Ralph Reese ne m’ont pas vraiment convaincu. Au final, me voilà un peu plus hésitant à continuer cette série, qui a ses bons moments mais qui, dans l’ensemble, manque d’accroche.

Pour voir : Quelques pages de l’histoire courte illustrée par Eric Powell (rien trouvé d’autre pour ce tome)
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House of Mystery vol. 2: Love Stories For Dead People

L’histoire : Les habitants de la Maison des Mystères décident de visiter les sous-sols. Pour certains, ce n’est pas la première fois et ce qu’ils y ont déjà vu semble les inquiéter.

L’avis : Petite déception à l’issue de la lecture du second tome de cette série, qui avait pourtant si bien démarré. Les ingrédients sont pourtant les mêmes, avec deux points forts qui se maintiennent : la belle prestation de Luca Rossi au dessin de l’histoire principale et une brochette d’invités sur les histoires secondaires, dont quelques uns prestigieux. Cette fois, on retrouve Tony Akins (déjà partenaire de Sturges sur Jack of Fables, David Petersen (l’auteur de Mouse Guard), Henry Flint (aperçu sur Elephantmen), Kyle Baker (il suffit de lire ma critique précédente pour savoir tout le bien que je pense du bonhomme) et même Bernie Wrightson qui revisite Frankenstein. Certains diront que c’est un peu dommage pour le maître de refaire ce qu’il a déjà fait en bien moins bien des années après, mais ça reste de bien belles pages. Non, ce qui à mon avis déçoit le plus dans ce second tome est le scénario de l’histoire principale. Ca reste intéressant à lire, mais à force de vouloir entretenir le mystère lié à la maison et à Fig, Matthew Sturges a multiplié les questions sans réponse et m’a un peu perdu au passage, et même frustré. De plus, j’ai trouvé la voix off un peu laborieuse à lire parfois. Je reste malgré tout intéressé à connaître la suite. Aucun doute à ce niveau.

Pour voir : Le travail de Luca Rossi, Henry Flint et Bernie Wrightson
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House of Mystery vol. 1: Room & Boredom

L’histoire : Au beau milieu de la nuit, la maison de Fig Keele se met à tomber en ruine. Poursuivie par deux figures fantomatiques, la jeune femme s’enfuie et trouve refuge dans un bar qui se révèle être une prison dont elle ne peut plus sortir. Quatre autres individus sont dans le même cas. Comme les sources de distraction sont inexistantes dans cet endroit, ceux qui sont devenus les tenanciers du bar ont instauré un mode de paiement bien particulier pour les clients de passage : chacun doit raconter une histoire pour divertir l’assemblée.

L’avis : Excellente surprise que cette nouvelle série proposée par les auteurs de Jack of Fables. Chaque épisode se structure en deux parties emboitées. L’histoire principale porte sur la Maison des Mystères et les personnages qui l’occupent. Les récits des clients forment quant à eux les éléments variables d’un épisode à l’autre.

Matthew Sturges est aux commandes du corps du scénario. L’intrigue avance doucement, laissant encore de larges plages d’ombre sur le passé des personnages et la nature exacte de la maison. A ce stade, j’ai très envie d’en savoir plus. Luca Rossi officie au dessin. Je ne le connaissais pas du tout et son style m’est apparu au premier regard comme étant très typique de Vertigo, donc potentiellement peu original. En fait, j’ai trouvé sa prestation très convaincante. Il a su très rapidement donner une âme à la maison et à l’environnement horrifique qui l’entoure.

En ce qui concerne les histoires emboitées, c’est Bill Willingham qui dirige l’affaire et il s’entoure de quelques pointures pour illustrer tout ça : Sean Murphy, Ross Campbell, Jill Thompson et Steve Rolston se montrent à la hauteur de leurs réputations. Zachary Baldus, le seul dessinateur que je ne connaissais pas, est un petit cran en dessous, mais ça reste plaisant. Les histoires ont toutes au moins une touche d’horreur, conformément à l’anthologie House of Mystery des années 50 et 70 dont la série reprend le concept, mais on n’est pas si loin de l’esprit de conte de Fables par instant.

Au final, une nouvelle série qui, je l’espère, réalisera tout le potentiel qu’elle montre dans ce premier volume.

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