Lazarus vol. 4

Le pitch : Guerre ouverte entre familles et subtiles intrigues au sein des Carlyle.

L’avis : Lazarus a fini en tête de mon best of 2015. Vue la qualité de ce nouveau tome, Il n’y a guère de doute sur le fait qu’il soit inclus dans celui de 2017 (cela dit en passant – oups ! – j’ai oublié de faire celui de 2016). Cette fois, le récit est recentré sur les Carlyle qui doivent gérer une guerre sans la direction de leur stratège de père. Les relations entre les nombreux personnages secondaires sont très habilement mises en scène. Quant à Forever, elle est au centre d’une opération militaire riche en action, ce qui donne une tonalité assez différente à ce tome par rapport aux précédents. Les scènes de combat sont traitées sur un mode très réaliste. Michael Lark fait preuve d’une efficacité redoutable dans ce registre. Bref, Lazarus confirme être une des meilleure séries du moment. Mangez-en !

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Lazarus vol. 3

Le pitch : Toutes les grandes familles et leurs Lazari se réunissent en conclave pour régler un différent entre les Carlyle et les Hock.

L’avis : Décidément, cette série s’améliore de tome en tome. Le premier, centré sur la famille Carlyle, était déjà très bon. Le second donnait déjà un peu plus de perspective à la société de castes dans laquelle s’inscrit l’histoire. Le troisième présente maintenant la totalité des familles, leurs alliances et leur inimitiés, ainsi que les codes de conduite qu’ils se sont donnés pour limiter leurs conflits. Cela donne à la série un côté Game of Thrones, version futuriste, qui est assez fascinant. A côté de ça, Rucka ne néglige pas la psychologie de ses personnages, en particulier celle de Forever qu’on sent de plus en plus sur la corde raide émotionnelle. Ajouter à ça une très belle scène de combat au sabre, remarquablement bien maitrisée par Michael Lark, et un cliffhanger assassin, et nous voilà avec un tome qui frôle la perfection. Ca mérite bien un petit A+.

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Lazarus vol. 2

Le pitch : L’enfance de Forever et la marche d’une famille qui a tout perdu vers l’espoir d’une ascension sociale.

L’avis : Après une entame réussie, Greg Rucka et Michael Lark transforment l’essai. Comme le pitch le suggère, ce tome se divise en deux intrigues distinctes qui ne se rejoignent qu’à la fin. La présentation de l’enfance de Forever ne recèle pas de réelle surprise. Elle est entièrement tournée vers l’entrainement à devenir une véritable arme de guerre, avec un père aussi dur que manipulateur. C’est bien raconté, avec quelques passages assez touchants. Cela dit, c’est la seconde intrigue qui m’a le plus passionné. La poignée de nouveaux personnages qu’elle met en scène est très bien introduit et, surtout, le système de caste qui forme cette société dystopique est présenté plus en détail. On sent tout le potentiel d’histoire qu’il offre. Bref, c’est du bon Rucka, assisté de main de maître par un Michael Lark aussi précis que régulier. J’entame le tome 3 dès que possible.

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Lazarus vol. 1

Le pitch : Dans le futur, le pouvoir est détenu par une poignée de familles. Chacune a son Lazarus, un exécuteur doté de toutes les améliorations que la science peut offrir. Forever, la plus jeune des filles Carlyle, est quasi-immortelle, mais elle ne sait pas tout sur sa véritable nature.

L’avis : Très belle surprise que ce Lazarus. Je redoutais pourtant que Greg Rucka nous sorte le personnage de femme à poigne de trop. Or, Forever n’a pas grand chose à voir pour l’instant avec les héroïnes de Queen & Country, Whiteout ou Batwoman. Tout en étant bien plus redoutable physiquement, on s’étonne de sa fragilité, sous psychotropes à son insu et manipulées par les membres de sa famille. Le personnage central s’avère donc très intéressant. L’autre très bonne surprise est le monde dystopique dans lequel l’histoire se déroule. Sans être d’une grande complexité, il fournit des éléments d’intrigues prometteurs. Si on ajoute la performance au dessin du toujours très bon Michael Lark, ça fait un récit passionnant que j’ai avalé d’une traite. Certes, il n’y a que quatre épisodes et demi dans ce premier tome, mais tout de même, impossible de reposer le bouquin avant la fin. J’espère juste maintenant que la suite sera à la hauteur de cette entame vraiment très réussie.

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Daredevil: Return of the King

L’histoire : Le Kingpin pensait avoir trouvé le repos en Espagne, mais La Main en décide autrement. Elle le propulse à nouveau face à Daredevil, lequel va devoir entrer dans un jeu d’alliance dangeureux.

L’avis : Ed Brubaker et Michael Lark termine fort bien leur passage sur Daredevil. Le run a démarré sur les meilleures auspices avec l’excellent The Devil, Inside and Out. Ensuite, la série s’est maintenue à un bon niveau, malgré quelques fluctuations. Je dois avouer que je commençais doucement à ma lasser de voir Matt Murdock subir les attaques successives de ses ennemis et mener une vie personnelle de plus en plus misérable. La fin de Return of the King donne tout son sens aux évènements qui ont précédés. Finalement, tout ça préparait une rupture dans la vie du personnage. Reste maintenant des perspectives originales et prometteuses que, j’espère, Andy Diggle saura exploiter en reprenant les rênes de la série.

Au dessin, la magie de Michael Lark continue d’opérer. Il aura quasiment fait un sans faute tout le long du run avec des scènes d’action bien orchestrées, mais surtout des personnages expressifs et convaincants. A noter aussi que le prologue est pris en charge par David Aja, qui tout comme sur Iron Fist, fait un travail remarquable de bien des points de vue.

Au final, je crois avoir préféré le run de Bendis et Maleev à celui de Brubaker et Lark, mais d’assez peu. Le personnage a toujours bénéficié depuis l’arrivée de Joe Quesada chez Marvel de scénaristes et de dessinateurs de grande qualité. Gageons que cette bonne tendance va se maintenir.

Pour voir : Quelques pages de David Aja et de Michael Lark
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Daredevil: Lady Bullseye

L’histoire : Lady Bullseye, le nouveau maître assassin de l’organisation ninja La Main, débarque à New York. Elle semble avoir pour cibles plusieurs combattants spécialistes des arts martiaux, y compris Daredevil.

L’avis : Ce nouveau volume de Daredevil s’organise autour de deux thèmes distincts. Le premier concerne la réapparition de La Main dans la vie de Matt Murdock. Le personnage de Lady Bullseye a d’ailleurs beaucoup plus à voir avec Elektra, qu’elle remplace, qu’avec Bullseye à proprement parler. Franchement, le nom a plus l’air d’être un gimmick commercial qu’autre chose. Qu’à cela ne tienne, le personnage est bien introduit, entouré d’un voile de mystère qui le rend intéressant. Un autre nouvel arrivant semble assez prometteur. Il s’agit de Master Izo, qui, derrière ses airs de vieux débris alcoolo, s’avère être une machine à tuer. Je sens qu’il va être le Yoda de la vie prochaine de DD.

Le second thème de l’ouvrage est la relation qui se tisse entre Murdock et Dakota. Rongé par la culpabilité vis-à-vis de sa femme internée, Matt semble avoir besoin d’une soupape affective. Encore faudrait-il que cela ne rajoute pas une couche supplémentaire de culpabilité. En tout cas, Dakota s’affirme être un personnage très intéressant, là aussi.

L’histoire dans son ensemble est menée sur rythme maîtrisé. Brubaker, comme à son habitude, est donc un bon narrateur qui sait donner de l’épaisseur à ses personnages. En revanche, il semble parfois manquer de bonnes idées sur lesquelles appuyer ses scénarios. Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion, mais c’est particulièrement flagrant ici : l’explication donnée par Lady Bullseye pour justifier des agissements de la main n’a franchement pas beaucoup de sens.

Malgré ce bémol, Daredevil continue à fournir de très bon moments de lecture, d’autant que Michael Lark ne baisse pas de régime. Son dessin est vraiment remarquable de dynamisme et d’expressivité. A noter aussi un épisode joliment pris en main par Clay Mann. Il faut dire qu’il bénéficie, tout comme Michael Lark, du travail de Stefano Gaudiano, un des meilleurs encreurs du moment qui ne cesse de m’éblouir.

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Daredevil: Cruel And Unusual

L’histoire : Alors que Matt Murdock se remet difficilement des derniers évènements qui ont mené sa femme à la folie, Dakota North cherche à prouver l’innocence d’un homme sur le point d’être exécuté. Seul problème, l’homme en question semble n’avoir aucune envie qu’on cherche à le disculper.

L’avis : Décidément, les TPB de Daredevil semblent systématiquement commencer par un épisode moins bons que les autres. C’était déjà le cas pour les deux derniers recueils, c’est encore le cas cette fois avec un épisode de transition où rien ne se passe mis à part Matt Murdock qui déprime sévèrement et ses amis qui restent impuissants devant sa détresse. Même si je comprends bien l’intérêt de marquer le coup après les évènements du dernier tome et avant de reprendre le cours des aventures du diable rouge, j’ai trouvé cet épisode assez ennuyeux. De plus, le dessin est de Paul Azaceta ne bénéficie pas de l’encrage de Stefano Gaudiano, contrairement au tome précédent, et la différence se fait cruellement sentir. Ca reste un travail tout à fait correct, mais un cran au dessous du reste de l’ouvrage.

Les quatre épisodes restant, justement, sont beaucoup plus enthousiasmants. Greg Rucka se joint à Ed Brubaker pour l’occasion et les deux hommes s’entendent visiblement toujours aussi bien. Comme on pouvait s’y attendre, l’histoire prend une couleur beaucoup plus polar, avec Dakota North dans le rôle du détective privé traditionnel et Daredevil qui fournit la touche super-héroïque. Le scénario donne l’occasion à Matt Murdock de sortir un peu la tête de l’eau, ce qui fait du bien. Tout ça donne lieu à une histoire passionnante de bout en bout et très bien servie par le tandem Lark/Gaudiano. On peut juste regretter une résolution une peu rapide et assez peu surprenante.

Pour voir : Paul Azaceta sur le premier épisode et Michael Lark sur le dernier
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Daredevil: Hell To Pay vol. 2

L’histoire : Daredevil poursuit Mr Fear, lequel joue de ses agents chimiques pour manipuler les proches de Matt Murdock, en particulier Milla, sa femme, poussée au bord de la folie.

L’avis : L’ouvrage s’inscrit dans la ligne droite du tome précédent. Le premier épisode est le n°100 de la série régulière. Qui dit numéro anniversaire dit numéro spécial. Cette fois, cela prend la forme d’un épisode rallongé où sont invités quelques grands noms associés à Daredevil (Colan, Romita Sr, Sienkiewicz, etc.). Franchement, leurs contributions ne donnent pas vraiment de raisons de s’enflammer. Cela dit, Ed Brubaker arrive plutôt bien à les insérer dans son scénario. Exercice de style réussi donc. La suite est prise en charge par Michael Lark et Paul Azaceta. Le duo fonctionne parfaitement bien et j’aurais bien du mal à distinguer qui a fait quoi tellement l’ensemble est homogène. Le très bon travail d’encrage de Stefano Gaudiano aide probablement beaucoup. Le scénario met en scène Daredevil à la poursuite de Mr Fear, le premier ayant toujours un temps de retard sur le second. Le sentiment d’impuissance qui s’en dégage, auquel s’ajoute la souffrance de Milla, instille un malaise digne des meilleurs romans noirs. Je ne crois pas gâcher le suspense est disant que tout finit très mal. Si vous aimez les héros qui gagnent toujours à la fin (tadadadadada, Starsky et… pardon !), vous risquez donc de sortir totalement déprimé de cette expérience de lecture. En revanche, si vous savez apprécier les qualités de narrateurs des auteurs, vous allez vous régaler, tout comme moi.

Pour voir : plusieurs pages du n° 100
Pour acheter : les deux tomes de l’histoire

Daredevil: Hell To Pay vol. 1

Finie la vie de bagnard et de fugitif pour Matt Murdock. Il reprend sa vie d’avocat et l’une de ses premières affaires va l’obliger à croiser à nouveau le Gladiateur, que l’on croyait pourtant rangé des voitures. Brubaker & Lark nous livrent une fois encore une histoire bien prenante. Le suspens quant à l’identité du méchant qui tire les ficelles est très bien mené. Deux petits regrets tout de même : un premier épisode mi-récapitulatif, mi-love story que j’ai trouvé un peu chiant (même s’il prend du sens en lisant la fin du bouquin) et une fin assez frustrante, vécue comme une interruption malvenue dans le flot de l’histoire.

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Daredevil: The Murdock Papers & The Devil, Inside and Out

Le genre : Super-héros en milieu carcéral

L’histoire : Le premier volume démarre à un point où, après une période plutôt tumultueuse, la vie de Matt Murdock et de son alter-ego semble se stabiliser. C’était sans compter sur le Kingpin qui offre un deal au FBI : sa liberté (qu’il aurait gagné de toute façon, faute de preuves pour l’envoyer définitivement en taule) et son casier judiciaire lavé contre la preuve que Matt Murdock est bien Daredevil. Le chef du FBI, qui déteste Daredevil et qui considère qu’il entrave la loi, s’empresse d’accepter. Je ne crois pas ruiner le suspense en disant que le Kingpin arrive à ses fins. Le second volume raconte donc la vie de Matt Murdock en prison. Sans vouloir trop en dire, un événement majeur intervient, Daredevil se radicalise et, putain, ça cogne !

L’avis : The Murdock Papers est le dernier des 13 volumes de Daredevil écrits par Brian Michael Bendis et dessiné par Alex Maleev. Autant dire qu’ils ont décidé de partir sur un gros coup et qu’ils ont réussit. Le Kingpin est un monstre de manipulation à la Hannibal Lecter. Le parallèle est d’ailleurs assez évident dans la BD, même dans la mise en scène. Les dialogues sont excellents, comme d’habitude. L’action n’est pas en reste, avec en particulier un superbe fight de 16 pages entre Daredevil et Elektra d’un côté et Bullseye de l’autre. Pas de super-pouvoirs à effets spéciaux ici. Ca tape aux poings et aux pieds et ils ne se font pas de cadeaux. La suite, The Devil, Inside and Out, est repris par Ed Brubaker et Michael Lark. Et bien, c’est encore meilleur. L’ambiance carcérale est tendue à souhait et la façon dont Matt Murdock s’enfonce dans la violence du milieu et dans ses désirs de vengeance est excellemment bien rendue. Difficile de trop en dire sans éventer l’histoire, mais, faîtes moi confiance, c’est du scénario qui a des tripes.

La note : A. L’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, comics de super-héros du moment.

Vous voulez voir ? :
Vous trouverez quelques planches du Daredevil de Ed Brubaker et Michael Lark ici.