Glory: The Complete Saga

Le pitch : Wonder Woman, version trash.

L’avis : Après Prophet, voilà une autre revisite d’un personnage de Rob Liefeld qui surclasse de très loin l’original. Glory n’est peut-être pas aussi novateur, ni aussi bien exécuté que Prophet, mais ça reste une réussite. Glory elle même est une personnage tout en ambiguïté, à la fois attachante et d’une rare brutalité. Les personnages secondaires sont également intéressants. Quant à l’intrigue, elle n’a rien de transcendante en soi, mais elle réserve quelques surprises qui ont réussies à me tenir en haleine. Côté dessin, là aussi, la copie n’est pas sans défaut, mais l’impression d’ensemble est bonne. Ross Campbell navigue entre scènes intimistes et gore trash avec beaucoup d’aisance, On regrettera juste parfois un net manque de finition, ce qui donne une certaine irrégularité à l’ensemble. Au final, ce recueil, qui compile l’ensemble de la série, livre un tout suffisamment original et bien exécuté pour sortir du lot de la production actuelle.

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Shadoweyes vol. 1

L’histoire : Scout est une jeune adolescente ayant des velléités de vigilantisme dans une cité où il ne fait pas bon vivre. Sa première intervention pour interrompre une agression se solde pour elle par une brique sur la tête, ce qui la rend inconsciente. A son réveil, elle découvre qu’elle est capable de se transformer en une créature aussi agile que résistante.

L’avis : Après avoir pu apprécier l’originalité du style de Ross Campbell sur Wet Moon, The Abandoned et, plus récemment, dans les pages de House of Mystery, j’étais très curieux de le voir opérer dans le registre du super-héros underground. Malheureusement, je n’ai pas vraiment été convaincu du résultat. Graphiquement, c’est toujours aussi intéressant. L’approche originale qu’à Campbell de l’anatomie et des expressions faciales donne à ses personnages une vrai personnalité. J’ai également bien apprécié le contexte urbain assez désespérant que représente la cité imaginaire de Dranac. Côté scénario, l’impression est beaucoup plus mitigée. La narration est très inégale, plutôt mal équilibrée, et j’ai eu bien du mal à rester plonger dans l’histoire. De plus, les adolescents, qui constituent l’essentiel des personnages, ont eu une tendance certaine à m’exaspérer, que ce soit le caractère peu rationnel de Scout ou l’exubérance de celle qui devient son amie au fil de l’histoire. Au final, j’ai tourné la dernière page sans aucune envie de lire la suite. On aurait pu terminer 2010 de meilleure façon.

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House of Mystery vol. 1: Room & Boredom

L’histoire : Au beau milieu de la nuit, la maison de Fig Keele se met à tomber en ruine. Poursuivie par deux figures fantomatiques, la jeune femme s’enfuie et trouve refuge dans un bar qui se révèle être une prison dont elle ne peut plus sortir. Quatre autres individus sont dans le même cas. Comme les sources de distraction sont inexistantes dans cet endroit, ceux qui sont devenus les tenanciers du bar ont instauré un mode de paiement bien particulier pour les clients de passage : chacun doit raconter une histoire pour divertir l’assemblée.

L’avis : Excellente surprise que cette nouvelle série proposée par les auteurs de Jack of Fables. Chaque épisode se structure en deux parties emboitées. L’histoire principale porte sur la Maison des Mystères et les personnages qui l’occupent. Les récits des clients forment quant à eux les éléments variables d’un épisode à l’autre.

Matthew Sturges est aux commandes du corps du scénario. L’intrigue avance doucement, laissant encore de larges plages d’ombre sur le passé des personnages et la nature exacte de la maison. A ce stade, j’ai très envie d’en savoir plus. Luca Rossi officie au dessin. Je ne le connaissais pas du tout et son style m’est apparu au premier regard comme étant très typique de Vertigo, donc potentiellement peu original. En fait, j’ai trouvé sa prestation très convaincante. Il a su très rapidement donner une âme à la maison et à l’environnement horrifique qui l’entoure.

En ce qui concerne les histoires emboitées, c’est Bill Willingham qui dirige l’affaire et il s’entoure de quelques pointures pour illustrer tout ça : Sean Murphy, Ross Campbell, Jill Thompson et Steve Rolston se montrent à la hauteur de leurs réputations. Zachary Baldus, le seul dessinateur que je ne connaissais pas, est un petit cran en dessous, mais ça reste plaisant. Les histoires ont toutes au moins une touche d’horreur, conformément à l’anthologie House of Mystery des années 50 et 70 dont la série reprend le concept, mais on n’est pas si loin de l’esprit de conte de Fables par instant.

Au final, une nouvelle série qui, je l’espère, réalisera tout le potentiel qu’elle montre dans ce premier volume.

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