Exit Wounds

L’histoire : Koby Franco, chauffeur de taxi à Tel-Aviv, n’a plus de relation avec son père depuis quelques années. Il est contacté un jour par Numi, une jeune femme qui se trouve être la petite amie de celui-ci, mais qui n’a plus de nouvelles de lui. Numi est persuadée que son amant est en fait un des morts non-identifiés d’un attentat qui a eu lieux quelques temps auparavant. Koby, tout d’abord septique, finit par se joindre à elle pour mener une enquête sur cette disparition.

L’avis : Les quelques critiques que j’ai pu lire avant d’acheter Exit Wounds insistaient presque toutes sur le fait que l’histoire était une remarquable illustration de ce que c’est d’être israélien à l’époque actuelle. Certes, on trouve quelques éléments de scénarios qui touchent à ce point, en particulier un certaine tendance des personnages croisés au fil de l’histoire à se détacher de la peur et de la mort qui entourent les attentats suicides. Pour moi, il s’agit cependant d’éléments de contexte que j’ai trouvés tout-à-fait anecdotiques durant ma lecture. Exit Wounds est avant tout une histoire d’amour et de répulsion à plusieurs niveaux. Il y a tout d’abord la relation d’un fils à son père, faite d’un ressentiment profond au départ, mais la disparition du père va forcément pousser le fils à se questionner à ce sujet. Il y a ensuite la relation que Numi entretient vis-à-vis d’elle même et de son corps. Et puis, bien-sûr, il y a les rapports entre Koby et Numi qui se construise progressivement au fil de l’enquête. C’est bien tout ça qui fait la force d’Exit Wound. Rutu Modan réussit à dépeindre ses personnages avec une grande justesse et beaucoup de sensibilité. Ca donne une très belle histoire. Côté dessin, j’ai eu une réaction assez tiède au début de la lecture. Il faut dire qu’on est en plein « ligne claire » et je n’aime pas trop ça. Je ne suis pas un lecteur de comics pour rien. Cela dit, je me suis petit à petit laissé séduire par le style de Modan, et en particulier par son usage des couleurs. La palette choisie, très douce, est utilisée avec beaucoup de finesse. Les contrastes entre premiers plans et arrières-plans souvent monochromes également. Bref, vous l’aurez compris, j’ai fermé l’ouvrage en ayant le sentiment d’avoir lu une très belle œuvre. Je vous la recommande vivement.

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