The Fade Out vol. 3: Act Three

Le pitch : Charlie, bien décidé à aller jusqu’au bout de l’élucidation du meurtre de Val, va le payer cher.

L’avis : Troisième et dernier acte de ce qui s’avère être une des meilleures production du tandem Brubaker/Philips. Ce chapitre est dense, mêlant flash-back sur la relation entre Charlie et Val, action dramatique (dans tous les sens du terme) et final plein d’amertume, le tout extrêmement bien orchestré. L’énigme du meurtre est résolue, mais la satisfaction ne vient pas tant de la levée du suspense que de la manière avec laquelle c’est fait. Les personnages, Charlie en tête, sont vraiment au coeur de l’écriture et c’est difficile de ne pas avoir mal pour eux. Du très, très bon polar noir, donc, à déguster avec un grand verre de whisky sec.

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The Fade Out vol. 2: Act Two

Le pitch : Hollywood, toujours plus noir.

L’avis : Après une entame très réussie, Brubaker et Philips lèvent doucement les coins du mystère entourant le meurtre qui a fait le point de départ de la série. Très doucement, en fait, le mystère restant entier pour l’instant. Le gros du récit consiste surtout à développer nombre d’intrigues individuelles qui s’entremêlent, ce qui donne une galerie de personnages riche et bien construite. Tout ça sent la narration bien maîtrisée à plein nez, tout en préparant le troisième et dernier acte de cette sombre tragédie qui a toutes les chances de mal se terminer. Bref, de la très bonne came pour tout amateur de récits noirs. Vivement la conclusion !

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The Fade Out vol. 1: Act One

Le pitch : Meurtre et mystère dans le Hollywood de l’après guerre.

L’avis : Après Fatale et son mélange de polar noir et de fantastique, Brubaker et Philips reviennent avec une ligne plus réaliste qu’ils situent cette fois dans la période trouble du maccarthysme et dans le milieu pas franchement plus net de Hollywood, avec ses beautés fatales, ses faux-semblants et ses excès d’alcool. On pense évidemment à James Ellroy et plus particulièrement à L.A. Confidential. Nombre de personnages gravitent autour du mystère qui entoure la mort de l’actrice. Cela fait une intrigue assez dense, très noire et pour tout dire très prometteuse. Côté exécution, rien à redire pour l’instant. La mécanique Brubaker/Philips est remarquablement bien huilée, comme d’habitude, sans oublier la très belle mise en couleur d’Elizabeth Breitweiser. La série ne comportera que trois tomes et je suis optimiste sur le fait que l’ensemble fasse un récit de haute tenue. J’attaque d’ailleurs dans la foulée la seconde partie.

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Fatale vol. 5: Curse the Demon

Le pitch : Josephine entraine Nicolas avec elle sur le chemin qui pourrait la libérer de sa malédiction, quel qu’en soit le prix.

L’avis : Voilà la conclusion de Fatale, une série dont je n’ai dit que du bien jusqu’ici. Malheureusement, ce ne sera pas le cas cette fois. Pourtant, il y a plein de bons points à souligner. Sean Philips fait un travail éblouissant par moment et il y a quelques scènes très bien écrites, notamment celles où Nicolas s’abandonne totalement à sa passion dévorante pour Jo ou encore l’évocation du fils de cette dernière. Ce dernier point aurait d’ailleurs pu  être autrement plus développé dans le cadre de la série. Et puis vient la conclusion que j’ai trouvée confuse, peu gratifiante et, par conséquent, pas du tout à la hauteur de la série. Ca ne cache pas totalement le plaisir éprouvé à la lecture de cette série, mais c’est dommage de terminer sur une mauvaise note quand le concert fut si mélodieux.

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Fatale vol. 4: Pray for Rain

Critique post-estivale express : Josephine, devenue amnésique, croise la route de Nirvana Amsterdam à Seattle dans les années 90, et nous voilà avec un excellent tome de Fatale dans lequel désir et rock font un mélange explosif. L’histoire donne toute la mesure du pouvoir destructeur de Joséphine quand elle ne le contrôle pas. La façon dont le groupe s’embrase tout d’abord artistiquement puis dans un tourbillon destructeur est assez fascinant. Même si l’intrigue principale, reléguée au second plan, n’avance qu’assez peu, le récit est pleinement satisfaisant, car maitrisé de bout en bout par le duo Brubaker-Phillips, comme à leur habitude. On en redemande.

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Fatale vol. 3: West of Hell

Le pitch : A travers les époques, Josephine et celles qui l’ont précédée doivent conjuguer avec le pouvoir maudit dont elles disposent.

L’avis : Contrairement aux tomes précédents, le récit que nous propose Ed Brubaker et Sean Philips n’est pas centré uniquement sur Josephine. A la place, on a le droit à une collection d’épisodes indépendants se déroulant au moyen-âge en France, au XIXème dans l’ouest américain, pendant la seconde guerre mondiale, et j’en passe. Tout cela permet de prendre un peu de recul et de mettre en perspective la nature du pouvoir que Joséphine exerce sur les hommes. Toutefois, Brubaker ne lève pas véritablement le voile sur la nature exacte du mystère. Certains regretteront peut-être la brièveté de chacun des récits. Moi, je me suis régalé avec chacune de ces pépites, avec juste un petit bémol sur le dernier épisode que j’ai trouvé moins crédible. Côté dessin, pas le moindre bémol, c’est un sans faute de Sean Philips, au sommet de son art. Fatale confirme donc tout son potentiel à envouter le lecteur.

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Fatale vol. 2: The Devil’s Business

Le pitch : Dans les années 70, Josephine vit recluse avec sa bonne pour seule compagnie, mais l’irruption dans son jardin d’un acteur raté en possession d’une mystérieuse bobine et de sa copine blessée par la secte du coin va la forcer à affronter à nouveau ses démons.

L’avis : J’ai beaucoup aimé le premier tome de Fatale, même s’il m’a laissé un peu sur ma faim en première lecture. A la relecture, je me suis régalé, surtout que j’avais la suite sous la main. Pas de frustration cette fois. Avec ce tome 2, on fait un bond de 20 ans dans le temps pour se retrouver en pleine débauche hollywoodienne, avec des orgies qui fleurent bon le satanisme. Jo, elle, est loin de participer à tout ça. Elle est en mode ermite, ce qui est le meilleur moyen pour elle de contrôler sa malédiction. A la fin du bouquin, elle s’assume mieux et reprend une attitude beaucoup offensive. L’évolution du personnage au fil de l’histoire est vraiment intéressante. Miles, l’autre protagoniste principal de l’histoire, est un peu moins bien développé et je ne me suis guère ému de son sort. Cela dit, le récit est accrocheur et mené avec beaucoup de maîtrise par Ed Brubaker, avec Sean Philips égal à lui-même au dessin. Donc, au final, ce n’est peut-être pas le plus marquant des chapitres de la collaboration entre les deux hommes, mais ça reste de la très bonne came dont je suis curieux de connaître la suite.

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Fatale vol. 1: Death Chases Me

Le pitch : Un homme qui vient d’hériter d’un écrivain célèbre tombe instantanément amoureux d’une femme rencontrée le jour de l’enterrement. Rapidement, le passé de l’écrivain va faire écho à cette rencontre.

L’avis : Ed Brubaker et Sean Phillips ont décidément cette constance remarquable d’exploiter un genre dans lequel ils excellent, le polar, en l’attaquant sous tous les angles possibles. Le danger avec cette approche, c’est de risquer de se répéter et de décevoir. Cela arrivera peut-être un jour, mais ce n’est pas le cas avec Fatale. Cette fois, le noir du polar rencontre le noir de l’horreur lovecraftienne et le mélange prend assurément bien, d’autant que Brubaker introduit le fantastique de façon très progressive dans le récit. Du côté de la narration, c’est habilement construit, avec différentes lignes d’intrigue qui évoluent en parallèle. Au centre de tout, cette beauté fatale dont on ne sait finalement pas grand chose et l’influence qu’elle a sur les différents protagonistes masculins. Ça donne un récit assez exigeant mais qui ne perdra que les lecteurs les moins attentifs. Reste que ce premier tome laisse beaucoup de questions en suspend, ce qui peut générer une certaine frustration. C’est finalement le seul bémol à mon enthousiasme, car, côté dessin, rien à redire non plus. Sean Philips reste fidèle au style qui lui est propre, tout en peaufinant sa technique au fil des séries. Je me ferai un plaisir de relire tout ça avant d’attaquer la suite lorsqu’elle sortira.

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Criminal vol. 6: The Last of the Innocent

Le pitch : Riley Richards a épousé une de ses amies d’enfance, la fille d’un riche patron, le père n’ayant pas plus d’estime pour lui que la fille. Au moins, leur fortune permet à Riley de financer ses dettes de jeu. Le retour dans sa ville d’origine et les retrouvailles avec d’autres amis restés sur place va inciter Riley à échafauder un meurtre qui va lui permettre de corriger ses erreurs passées.

L’avis : Jusqu’ici Criminal n’a jamais déçu, oscillant entre le très bon et l’excellent. The Last of the Innocent appartient sans aucun doute à la seconde catégorie. Je pense même que c’est le meilleur tome de la série. La réussite de Brubaker et Philips tient dans la façon dont ils mettent en scène les motivations du personnage principal, qu’on trouve dans son enfance et son adolescence jusqu’à son mariage raté. Tous les épisodes du passé sont illustrés dans un style daté, copié sur les comics Archie, une façon d’évoquer la nostalgie d’une époque plus heureuse, même si, peu à peu, on découvre que tout n’était pas si rose. En tout cas, le contraste avec le style noir auquel Sean Philips nous a habitué est très réussi. Autre signe d’un scénario très maitrisé, c’est qu’on en vient à espérer que Riley réussisse son coup, alors même que son plan implique mensonges et sacrifices pour ses amis les plus proches. Le malaise vis-à-vis de l’anti-héros est donc palpable, jusqu’à la conclusion douce-amère de l’histoire. Vraiment, je me suis régalé et j’en redemande. Malheureusement, pas de prochain tome de Criminal en perspective. A la place, ce sera Fatale, la nouvelle série du tandem Brubaker-Philips, publié par Image Comics. J’espère qu’on sera au même niveau de qualité.

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Incognito vol. 2: Bad Influences

L’histoire : Le gouvernement qui emploie maintenant Zack Overkill l’oblige à accepter une mission d’infiltration chez ses anciens partenaires de crime.

L’avis : Dans la lignée du premier tome, Incognito continue d’exploiter le concept du super-criminel contraint à composer avec le gouvernement et amené à affronter ceux qu’il considérait avant comme les siens. Le personnage se retrouve à plusieurs titres dans une position très inconfortable, le cul entre deux chaises. Il n’a la confiance d’aucun des deux camps et il ne peut lui-même s’appuyer sur personne. Et puis, à force de naviguer entre deux eaux, il a lui même du mal à se situer sur la plan des valeurs morales, oscillant entre compassion et tentation de replonger dans ses anciens travers. Il faut dire que les eaux sont troubles pour tout le monde, loin de la vision manichéenne du bien contre le mal. Brubaker exploite plutôt bien le concept au travers d’un mélange des genre entre thriller, pulp et superhéros. Sean Philips est égal à lui-même, toujours très efficace dans ses mises en scène. Cela dit, même si Incognito diffère sur certains points de Sleeper, elle souffre un peu de la comparaison. On a quand-même un peu un sentiment de déjà-vu. Je trouve aussi qu’il y a moins d’intensité que dans les récits que nous propose Criminal. Autrement dit, sans pour autant démériter, Incognito n’est clairement pas le meilleur du tandem Brubaker-Philips. Ca n’en reste pas moins une lecture qui vaut le détour.

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