Russian Olive to Red King

Le pitch : Alors qu’Olive part effectuer une mission scientifique en milieu hostile, Red, son compagnon, écrivain à tendance névrotique, affronte l’angoisse de la séparation.

L’avis : Autant commencer tout de suite par l’essentiel : cette BD mérite d’être achetée ne serait-ce que pour les illustrations. Stuart Immonen est un des meilleurs dessinateurs de son époque. C’est vrai quand il dessine du superhéros et c’est encore plus vrai lorsqu’il met son talent au service d’oeuvres plus sensibles, comme ce Russian Olive to Red King ou, avant ça, Moving Pictures. Certaines planches sont de toute beauté et servent admirablement bien le caractère mélancolique de l’histoire. Côté scénario, justement, mon enthousiasme n’est pas à la même hauteur. Si la partie qui concerne Red parvient bien à son but, montrer l’angoisse de la perte de l’autre qui évolue au fil du temps sur un terrain psychologique déjà fragile, la partie qui concerne Olive est nettement plus fade. Tout cela se lit très vite, jusqu’à ce que, surprise, l’ouvrage se transforme en une prose largement déconnectée de l’histoire qui précède. En termes d’illustrations pour ce texte plutôt indigeste, on a le droit à de petites vignettes représentant des carreaux cassés. Un peu dommage, tout de même, quand on a Stuart Immonen sous la main. Bref, vous l’aurez compris, mon impression est plutôt mitigée. Je ne regrette pas mon achat, car je pense que l’oeuvre vaut le détour, mais je suis quand-même largement resté sur ma faim.

Pour voir : click
Pour acheter : click

 

Moving Pictures

L’histoire : Pendant la seconde guerre mondiale, dans un Paris occupé, une conservatrice canadienne choisit de rester en France pour cataloguer les œuvres du Louvres et aider à les expédier en sécurité loin des mains nazies. Elle se heurte à un officiel allemand dont l’objectif est opposé, mais les relations entre les deux individus dépassent largement leurs fonctions.

L’avis : L’impression que m’a laissé Moving Pictures est à l’image de la narration du bouquin, assez insaisissable. Ce qui commence comme l’interrogatoire d’une employée de musée par un bureaucrate soupçonneux perd vite toute linéarité et on se retrouve à suivre plusieurs lignes temporelles en parallèle, découvrant peu à peu une galerie de personnages dont les liens les uns avec les autres sont assez troubles. De la même façon, difficile de dire quel est le thème principal de l’histoire. Il y a bien-sûr l’amour de l’art, partagé par les deux protagonistes principaux malgré leur positionnements antagonistes, mais aussi tout un ensemble de relations entre personnages qui donnent une palette affective riche, mais brouillée par nombre de non-dits. Tout ça donne un tableau impressionniste, ce qui a du sens vu la nature de l’histoire, avec plusieurs passages de grande qualité, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que le scénario dans son ensemble n’a pas l’impact qu’il aurait pu avoir. C’est un peu dommage, surtout que l’ouvrage bénéficie des superbes illustrations de Stuart Immonen, dans un noir et blanc contrasté, élégant et superbement expressif. Rien que pour cela, l’achat se justifie. En tout cas, je pense relire l’ouvrage assez rapidement, car, comme l’un des personnages le dit dans le bouquin, il y a des œuvres qui nécessitent qu’on s’y attarde pour pleinement les apprécier. C’est peut-être bien le cas de ces images qui bougent et qui émeuvent à la fois.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Nextwave: Agents of H.A.T.E. vol. 1 & 2

L’histoire : Nextwave est un groupe de super-héros formé à l’initiative de l’agence anti-terroriste H.A.T.E. Seulement voilà, ses membres décident de claquer la porte lorsqu’ils découvrent que H.A.T.E. est en fait financé par la Beyond Corporation, émanation d’un groupe terroriste qui planifie de tester toutes sortes d’armes de destruction massive sur la population de plusieurs états américains. Ils se donne donc pour objectif d’empêcher les plans de la Beyond Corporation grâce à quelques documents volés avant leur fuite. Leur première mission va les faire affronter Fin Fang Foom, un dragon endormi depuis bien longtemps qui adore manger les humains par poignées… et qui porte un slip violet.

L’avis : Warren Ellis a le sens de l’humour, on le savait, mais il surprend ici en nous livrant une comédie hilarante qui dynamite tous les cadres habituels de l’univers Marvel. Ses héros sont des personnages de second ordre qu’il a rendu un peu barjo, ou au moins franchement décalés, même s’ils apparaissent presque normaux par comparaison à Dirk Anger, le chef du H.A.T.E., sorte de Nick Fury névrosé et dépressif. Même les icônes du monde Marvel est prennent pour leur grade au travers de certains dialogues, comme par exemple lorsque Monica Rambeau raconte comment ses ex-coéquipiers vengeurs avaient l’habitude de lui faire des avances sexuelles, mis à part Captain America qu’elle soupçonne d’être attiré par les garçons. Les irrévérences de ce type et autres clichés marveliens tournés en dérision parsèment l’histoire, entre éclats de rire, explosions et scènes d’action superbement bien menées. C’est d’ailleurs là que Stuart Immonen donne toute sa mesure. J’ai d’ailleurs été plutôt surpris par son travail, moi qui l’avait catalogué comme un artiste certes doué, mais plutôt sage. Sur le coup, il s’est laissé mené par la folie du scénario et le résultat est brillant. Malheureusement, travailler sur des séries qui rentrent mieux dans les cadres attendus rapportent plus pour un dessinateur demandé comme lui. C’est pourquoi Nextwave s’est arrêté au bout des 12 épisodes au sujet desquels j’écris, Warren Ellis n’ayant pas envie de continuer avec un autre dessinateur. Nextwave reviendra peut-être sporadiquement plus tard, ont-ils annoncé. En attendant, faites vous plaisir avec ces deux tomes, une des plus belles réussites de chez Marvel en 2007, même si paradoxalement elle s’est faite en prenant à contrepied l’univers dans lequel elle s’inscrit.

Pour voir : click
Pour acheter : click