No Hero

L’histoire : Durant les années 60s, Carrick Masterson, un chimiste de génie, crée à partir d’une drogue psychotrope une molécule donnant des superpouvoirs à ceux qui l’absorbe. Il forme ainsi une équipe de superhéros qui va traverser les décennies, gagnant au fil du temps une énorme influence. En 2011, un des membres de l’équipe est retrouvé totalement disséqué. Une bombe tue un second. Masterson se voit donc obligé non seulement d’enquêter sur le commanditaire du double meurtre, mais également de recruter des remplaçants.

L’avis : No Hero n’est pas à proprement parler la suite de Black Summer, des mêmes auteurs. Il s’agit plutôt du deuxième volet d’un triptyque dans lequel Warren Ellis s’amuse à dynamiter le genre superhéros à coup d’ultra-violence et d’une bonne dose de cynisme.

De nombreux chroniqueurs sur internet ont jugé No Hero inférieur à son prédécesseur. Je n’en fais pas partie. J’ai trouvé cet opus mieux équilibré d’un point de vue narratif. Alors que Black Summer faisait la part belle aux scènes de combat à coup de décompression, No Hero est plus dense et prend le temps d’installer les pièces du puzzle. C’est à tel point que je me demandais à la fin du sixième épisode comment Warren Ellis allait réussir boucler son affaire dans les deux restant. Ma foi, fort bien. A défaut d’être totalement surprenante pour qui connait l’auteur, j’ai trouvé la conclusion très satisfaisante. En dire plus sur l’intrigue risquerait d’en dévoiler certains éléments clés, mais sachez que vous y trouverez quelques réflexions sur le genre du superhéros (dont une métaphore phallique à mourir de rire, ou de dégout, selon votre sensibilité) et de très bonnes idées (le processus de transformation induit par la drogue, le destin des personnages principaux, etc.). Pas grand chose à dire de plus de Juan Jose Ryp que ce que j’ai raconté la dernière fois. Son dessin n’a pas que des qualités, mais il est parfaitement adapté aux récits proposés par Ellis et certaines planches jouant sur ses points forts sont même superbes.

Bref, c’est du bon Warren Ellis à la Avatar. Si vous avez le cœur bien accroché et marre du superhéros préformaté, n’hésitez pas à investir dans ce recueil. Quant à moi, j’attends avec impatience Supergod, le troisième volet du triptyque.

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Freakangels vol. 3

L’histoire : Suite à l’arrivée massive de nouveaux habitants, les Freakangels décident de mettre en place de nouvelles structures à Whitechapel. Les travaux sont vite perturbés par deux évènements majeurs, le meurtre sanglant d’un des nouveaux arrivants et la transgression par Karl de la règle que les Freakangels se sont tous imposés : ne pas prendre le contrôle psychique d’autrui pour son plaisir personnel.

L’avis : Le troisième tome de Freakangels brille par ce qui m’a fait aimer la série jusqu’ici : un univers original et des personnages nombreux mais aux voix bien distinctes. La narration reste très décompressée, mais on ne s’ennuie pas une seule seconde. Warren Ellis tire tranquillement les ficelles d’un scénario qui va nous emmener loin. C’est tout du moins l’impression que cela donne à ce stade. Paul Duffield participe beaucoup à l’attrait qu’ont Whitechapel et ses habitants. Il montre moins ses faiblesses techniques que dans le second tome, car les scènes d’action pures sont rares. L’ouvrage se concluant sur un beau cliffhanger, on ne peut qu’impatiemment attendre la suite.

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Frankenstein’s Womb

L’histoire : Alors qu’elle se rend d’Allemagne en Suisse, Mary Shelley décide de visiter le château Frankenstein. Elle y rencontre la créature qui deviendra le personnage principal de son roman le plus célèbre.

L’avis : Warren Ellis surprend en nous livrant une histoire qu’on attend horrifique sur la base du titre et de la couverture et qui s’avère être une conversation, réelle ou imaginée, entre un auteur et son personnage. La structure du récit est complexe. Les thématiques abordées ne le sont pas moins, puisqu’on touche à la quête de l’immortalité, au rapport à la mort, notamment de ceux qui nous donnent la vie, et à la place du mythe de Frankenstein dans l’âge moderne. Warren Ellis fait preuve d’une écriture plutôt sophistiquée. On est bien loin de certaines de ses autres productions chez Avatar. Au final, l’essai de style est-il réussi ? Pas totalement en ce qui me concerne. J’ai eu à plusieurs reprises beaucoup de mal à suivre le fil de la pensée de l’auteur, et même si après coup le tout apparait assez cohérent, ça ne m’a pas vraiment donné satisfaction à la lecture. En revanche, rien à redire au sujet du choix du dessinateur. Le trait de Marek Oleksicki est fin, élégant et ses ambiances tout à fait convaincantes. Au final, faute d’avoir vraiment apprécié Frankenstein’s Womb, je reste convaincu que Warren Ellis a beaucoup à offrir avec ce format de récits courts (48 pages). Crécy et Aetheric Mechanics en sont deux remarquables preuves.

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Freakangels vol. 2

L’histoire : En veillant sur Whitechapel, les Freakangels offrent à la population un ilot de vie en milieu post-apocalyptique. Ils pourraient vite se retrouver dépassés par leur succès, non seulement faute d’infrastructures suffisantes, mais aussi par la convoitise qu’ils génèrent autour d’eux.

L’avis : J’ai retrouvé avec grand plaisir les Freakangels découverts dans le premier tome de la série. Le second tome continue d’introduire de nouveaux personnages et on peut dire d’ailleurs qu’il prend le temps pour le faire. Warren Ellis n’est pas pressé et, pour la peine, je suis arrivé à un point où j’ai commencé à trouver le temps long. Même si l’histoire est riche en dialogue, l’action est franchement décompressée. Heureusement, arrivé au milieu de l’ouvrage, les choses changent. On peut enfin voir les personnages utiliser leurs facultés, dont l’étendue est insoupçonnée, y compris par eux-même. Puis, la poussière du combat retombée, les Freakangels se retrouve face à leur conscience. J’ai beaucoup aimé la scène de discussion finale qui démontre bien la capacité d’Ellis à faire interagir une brochette de personnages, chacun avec sa voix propre. Au dessin, Duffield montre à l’occasion quelques lacunes techniques, notamment dans les scènes d’action. La mise en couleur est également trop sombre par moment. Mis à part ces petits bémols, j’aime beaucoup l’atmosphère de l’ensemble et l’expressivité des personnages. Au final, j’ai trouvé ce second volume un cran en dessous du premier, mais je reste tout de même avec l’impression que cette histoire a beaucoup à offrir.

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Thunderbolts By Warren Ellis vol. 2: Caged Angels

L’histoire : Norman Osborn se voit contraint de transformer Thunderbolts Mountain en centre de détention provisoire pour super-héros hors-la-lois. Peu après que les premiers détenus aient rejoint leurs geôles, les Thunderbolts commencent à dérailler et se dirigent inexorablement vers une confrontation intestine.

L’avis : Thunderbolts, ou comment Warren Ellis fait un Marvel comics drôle et méchant en toute décontraction. Méchant, tout d’abord, car la plupart des protagonistes s’en prennent plein la figure. Comme ils sont, à de rares exceptions près, antipathiques, immoraux et cinglés, on regarde tout ça avec un certain plaisir sadique. Drôle, car Warren Ellis se lâche dans le registre des petites phrases imagées dont il a le secret. J’ai d’ailleurs trouvé le ton plus léger que le tome précédent. Certaines répliques m’ont franchement fait rire. Le seul problème de la multiplication de ce qu’on pourrait appeler des « Elliséismes », c’est qu’on en vient à avoir l’impression que tous les personnages parlent avec la même voix. Il y a un moment où je n’ai pas été loin de l’overdose. A part ça, beaucoup, beaucoup d’action, fort bien mise en scène par Mike Deodato. Tout ça ne vole pas bien haut, dans le fond, mais c’est efficace et plaisant. Devrais-je avoir honte d’aimer quelque chose d’aussi méchant ?

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Doktor Sleepless vol. 1: Engines of Desire

L’histoire : John Reinhardt, alias Doktor Sleepless, inventeur génial à la personnalité flamboyante – certains diront fou dangeureux – est de retour à Heavenside. Accompagné de son infirmière-garde du corps, il prend les commandes d’une radio à la mode et pose la question à ses auditeurs : ce présent dans lequel vous vivez est-il le futur qu’on vous avait promis ? Entre manipulation et jeu de cache-cache avec les autorités, il planifie en réalité la fin du monde.

L’avis : Décidément, les comics de Warren Ellis se succèdent et ne se ressemblent pas. Je vous parlais il y a moins de 3 semaines de Freakangels en vous disant qu’il prenait le temps d’introduire ses personnages et de poser son intrigue. L’impression première de cette nouvelle production est tout autre : ça bouillonne d’idée, à la limite de coller un mal de crâne au lecteur. Au tout début, j’ai eu peur que Doktor Sleepless ne soit qu’une relecture de Transmetropolitan avec ses dialogues survoltées, ses multiples délires technoïdes, ses modifications corporelles et la nurse en guise de filthy assistant. Au final, il y a un peu de ça, mais l’histoire a son caractère propre. Il y a une forme de folie nihiliste chez le personnage principal qui rend le récit assez oppressant, là où Transmetropilitan me faisait mourir de rire, par exemple. L’écriture est complexe, parfois brillante, parfois trop bavarde. C’est du Warren Ellis dans sa dimension la plus excentrique. Ca fait de cette série une lecture plutôt exigeante qui ne plaira pas à tout le monde, c’est une évidence. Personnellement, je suis plus intrigué de savoir où tout ça va arriver que vraiment emballé par l’histoire, mais, en tout cas, je ne suis pas resté insensible. Si le dessin avait été à la hauteur, j’aurais signé pour la suite sans hésitation. Là, je ne sais pas encore quelle sera mon attitude au moment de la sortie du vol. 2. Ce n’est pas qu’Ivan Rodriguez soit un mauvais dessinateur. Pour une première œuvre, la prestation est même plutôt bonne. Malheureusement, il a un style très propre, très réaliste et, il faut bien le dire, sans aucune originalité. Autant dire que ça ne colle pas du tout à l’énergie teintée de folie qui caractérise le scénario. Etonnant quand on connait le soin avec lequel Ellis choisit ses dessinateurs.

Pour voir : Plusieurs previews sur le site dédié à la série et qui a la forme d’un wiki. Tous les lecteurs sont invités à contribuer. Original.
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Freakangels vol. 1

L’histoire : Les Freakangels sont onzes jeunes gens de 23 ans, tous nés le même jours. Outre une peau très pale et des yeux pourpres, ils ont en commun de posséder des pouvoirs psychiques qu’ils mettent aux services de Whitechapel, un des quartiers de Londres. Ce quartier, comme les autres, est presque totalement immergé depuis un cataclysme auquel les Freakangels ne semblent pas étrangers. Un jour, la jeune Alice arrive dans le quartier, bien décidée à se venger des Freakangels. Elle tient pour responsable de la mort de son frère le douzième Freakangels, pourtant banni de la communauté par les autres.

L’avis : Freakangels a la particularité d’être une des nouvelles expérimentations de Warren Ellis, un webcomic publié gratuitement chaque vendredi par épisode de 6 pages. Étant particulièrement allergique à la lecture sur écran, je me suis retenu de lire la BD dans son format d’origine et j’ai patiemment attendu la sortie de la version imprimée. A la réception de l’ouvrage, une surprise de taille m’attendait, puisque la mise en page se résume la plupart du temps à 4 cases de taille identique. Dans le genre minimaliste, on ne fait guère moins excitant. En même temps, le choix fait par Warren Ellis se comprend : à quoi bon faire des mises en pages sophistiquées puisque la lecture sur écran implique moins le mouvement des yeux que celui de la page au travers du scrolling ? En tout cas, mon impression de départ était que la transition à la version papier risquait d’être difficile. Et bien, pas du tout. Warren Ellis et Paul Duffield ont su utiliser cette contrainte avec ingéniosité. Loin d’être plate, la narration s’avère très efficace, avec beaucoup de variété dans les cadrages et dans les enchainements. Belle réussite sur ce point, déjà.

L’histoire se lit sur un rythme très tranquille, puisqu’on passe l’essentiel de l’ouvrage à découvrir chacun des personnages, les uns après les autres. De KK, qui se ballade sur sa moto hélicoptère avec son look gothique, à Karl, qui fait pousser ses fraises dans son jardin suspendu, en passant par Sirkka et son harem, Kirk et sa tour de surveillance, Arkady et son don d’ubiquité, ou encore Jack, qui explore le Londres englouti à la recherche de matériel en tout genre, chacun des personnages a une véritable épaisseur d’entrée de jeu. Les dialogues qu’ils entretiennent sont bien sentis et la gamme d’expressions que Paul Duffield leur donne est variée. Le dessinateur réussit également à rendre très attrayant le Londres post-apocalyptique dans lequel se situe l’histoire. Il y introduit quelques objets technologiques pleins d’originalité. Bref, j’ai découvert le monde de Freakangels avec grand plaisir, même si, objectivement, il ne se passe pas grand chose avant la scène d’action finale.

Certes, le rythme n’est pas endiablé, mais Freakangels est avant tout de la bonne BD bien foutue, et ce premier tome m’a bien accroché. Et puis, Warren Ellis a annoncé qu’il avait au moins cinq ans de scénario sous le coude. Ca nous laisse largement le temps de voir les Freakangels s’enflammer. En tout cas, je recommande largement cette lecture. A vous de voir si vous préférez en profiter en feuilletant les pages du TPB ou en suivant sa publication sur le web. Pour cela, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien ci-dessous. Il vous emmènera à la première des 476 pages déjà publiées.

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Aetheric Mechanics

L’histoire : En 1907, l’Angleterre est en train de céder face à la Ruritania. La guerre, menée à l’aide de bateaux volants et de robots géants, arrive aux portes de Londres. Le docteur Robert Watcham rentre du front et arrive justement dans la capitale. Il y retrouve ses appartements et son vieil ami Sax Raker, célèbre détective. Celui-ci l’entraine dans sa toute nouvelle enquête, à la recherche de « l’homme qui n’était pas là ».

L’avis : Après Crécy, Warren Ellis utilise de nouveau le format graphic novella. Quarante-huit pages pour une histoire complète, on est là bien loin des scénarios décompressés que le scénariste a largement contribué à populariser. Ca démarre comme une histoire de guerre avec le retour d’un soldat chez lui. Très rapidement sont introduit des éléments qui positionnent le récit dans le registre steampunk, avec toute sortes de technologies improbables dans un cadre victorien. La petite originalité tient dans le fait que certains de ces éléments technologiques évoquent très nettement les animes japonais. Puis, nous voilà embarqués dans une enquête dont les protagonistes pourraient s’appeler Holmes et Watson. Enfin, l’enquête se conclue par une pirouette bien pensée qui empaquète parfaitement tout ça. Bref, dans un nombre limité de pages, Ellis surfent sur plusieurs vagues à la fois et les évènements s’enchainent, sans pour autant que l’histoire n’apparaisse particulièrement dense, et la conclusion est tout à fait gratifiante. Joli coup, monsieur Ellis ! Ce format court vous réussit visiblement très bien. Au dessin, l’artiste italien Gianluca Pagliarani propose une belle prestation, avec un trait fin et détaillé. Les décors de son Angleterre victorienne sont très beaux, ses objets technologiques tout autant. Il montre également de belles qualités de narration. Le seul registre dans lequel il marque un peu le pas, c’est celui de la dynamique des mouvements de ses personnages. On sent que les scènes d’action ne sont pas son fort. C’est toutefois un bémol mineur. Cette nouvelle graphique laisse au finale une très belle impression.

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Black Summer

L’histoire : John Horus, le membre le plus puissant de l’équipe de surhommes connue sous le nom de Seven Guns, s’introduit à la Maison Blanche et massacre le Président des Etats-Unis, ainsi que plusieurs membres de son entourage. Il prend alors la parole à l’antenne et explique au peuple américain que la guerre en Irak, motivée par l’appât du gain, représente un crime et une injustice qui nécessitait une intervention radicale. Il appelle à de nouvelles élections et à une prise de conscience collective. Cet évènement force ses anciens coéquipiers à prendre partie pour ou contre l’armée, bien décidée à réagir pour la défense des institutions.

L’avis : Warren Ellis continue d’explorer avec Black Summer un de ses thèmes de prédilection : si vous étiez surpuissant dans un monde où peu de choses peuvent vous résister, quel degré d’interventionnisme adopteriez-vous ? La question a déjà été abordée dans The Authority par Ellis, puis par Ed Brubaker. Rien de fondamentalement nouveau donc, si ce n’est que la prise de position de John Horus est nettement plus radicale et qu’elle s’inscrit dans un contexte politique clairement défini, celui de l’admnistration Bush. L’autre différence, c’est qu’on est chez Avatar, le paradis de l’ultra-violence, et cet ouvrage n’échappe pas à la règle. Juan Jose Ryp s’en donne d’ailleurs à cœur joie dans un registre trash ultra-détaillé à la Geof Darrow dans Hard Boiled. Dans le genre, c’est très réussi, surtout que le dessin a de réelle qualités dynamiques. Les scènes de combats, et il en a beaucoup, dépotent pas mal. En revanche, Ryp atteint vite ses limites lors des scènes plus bavardes. Les postures et expressions de ses personnages manquent parfois de subtilité, à tel point que le graphisme semble décalé par rapport au discours. Malgré tout, Black Summer est un habile mélange d’action musclée et d’ambivalence morale que j’ai pris plaisir à lire.

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newuniversal: Everything Went White

L’histoire : Un jour de mars 2006, un énorme flash illumine la planète entière. Alors que le monde entier se demande de quel sorte de phénomène il s’agit, quatre individus que rien ne semblent distinguer des autres, chacun dans des circonstances différentes, découvrent qu’ils viennent de gagner des pouvoirs surnaturels. Ils attirent alors très vite l’attention d’un service très spécial du gouvernement américain. Sa mission était justement de guetter l’apparition éventuelle des premiers surhommes afin de les éliminer au plus vite.

L’avis : Warren Ellis continue à dépoussiérer les vieux joujous de chez Marvel. Cette fois, il s’agit d’une tentative faite par Jim Shooter en 1986 de raconter l’émergence des premiers super-héros dans le monde « réel ». Warren Ellis reprend l’idée à son compte, dans le style qui a fait son succès sur Planetary. La narration est donc décompressée à souhait et émaillée de concepts pseudo-scientifiques à tendance mystico-cosmique. Ca donne une histoire qui a pas mal de souffle, quoiqu’un chouia bavarde par moment (je pense en particulier aux dialogues entre Izanami Randall et la station). Salvador Larroca s’adapte très bien au rythme imposé par Warren Ellis. Son style est vivant et très plaisant. La mise en scène des pouvoirs de John Tensen est particulièrement réussie. Le choix de Larocca de baser les visages de ses personnages sur des acteurs hollywoodiens a été beaucoup commenté, parfois critiqué car jugé distrayant. Personnellement, je trouve que c’est assez anecdotique. En même temps, n’étant pas très physionomiste, je n’ai pas reconnu grand monde en première lecture. Au final, j’ai bien aimé cette introduction au monde de newuniversal, même si, justement, la décompression du récit fait qu’au bout de 150 pages, j’ai eu le sentiment qu’il ne s’agissait que d’une introduction. Un peu plus de densité n’aurait pas fait de mal pour me tenir en haleine en attendant la suite.

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