Prophet vol. 4: Joining

Le pitch : Voyage au pays de la SF sous acide.

L’avis : Prophet n’est clairement pas une série pour tout le monde, car il faut savoir se laisser porter par un récit étrange, insaisissable, et parfois incompréhensible. Jusqu’ici, j’avais totalement adhéré au trip proposé par Graham, Roy et leurs multiples acolythes. Ce tome-ci m’a offert quelques très beaux moments encore, mais j’ai aussi décroché à plusieurs reprises. La faute à une écriture un peu trop perchée (pour mon humeur du moment, peut-être), mais aussi à quelques faiblesses côté dessin. L’impression générale reste bonne, mais me voilà pour la peine moins pressé que je ne pensais l’être de lire le cinquième et ultime tome de la série.

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Prophet vol. 3: Empire

Le pitch : Pendant que Old man Prophet continue de se rapprocher de ceux qui ont partagé son destin autrefois, l’armée de clones de l’Empire de le Terre se reconstruit et affronte ses ennemis.

L’avis : Décidément, Prophet ne ressemble à rien dans le paysage comics actuel. La comparaison avec Moebius et Jodorowsky a souvent été faite et elle est légitime, mais, en même temps, on retrouve très nettement la patte de Brandon Graham, faite d’idées bouillonnantes et d’écriture impressionniste qui embarque le lecteur sans pourtant lui donner les clés pour comprendre les détails des évènements. Ça donne un récit de SF plutôt insaisissable et fascinant. Autant j’ai été relativement déçu récemment par Multiple Warheads, autant je me suis encore une fois régalé avec Prophet, d’autant que le tandem Roy/Milonogiannis au dessin colle parfaitement à l’esprit du scénario. Encore !

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Prophet vol. 2: Brothers

Le pitch : Le John Prophet original est réveillé, prêt à affronter l’armée de ses clones au service de l’Earth Empire. Pour cela, il part à la recherche d’anciens compagnons d’arme.

L’avis : Le premier tome de Prophet était caractérisé par un récit non-linéaire, totalement fascinant mais qui m’a laissé franchement interrogatif sur les liens entre les différents John Prophet mis en scène. Ce second tome est beaucoup plus linéaire et répond en grande partie à mes interrogations. Cela veut-il dire que Prophet rentre dans le rang et perd de son originalité ? Sûrement pas ! C’est toujours de la SF aussi déglinguée, remplie de bonnes et étranges idées. De façon assez habile, Brandon Graham intègre d’autres personnages de Rob Liefeld, les rendant bien plus intéressants qu’ils ne l’étaient à la base. Côté dessin, c’est Giannis Milonogiannis qui fait l’essentiel du boulot. Son style moebiusien assez brut colle parfaitement à la série. Mais c’est Farel Dalrymple, plus précis, qui m’a le plus enthousiasmé dans l’unique épisode qu’il a pris en charge. Tout ça fait de Prophet une réussite confirmée. Vivement la suite.

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Prophet vol. 1: Remission

Le pitch : Dans un avenir très lointain, John Prophet se réveille avec une mission en tête : réactiver ses semblables.

L’avis : Grosse claque que cette réinterprétation totale du personnage créé il y a 20 ans par Rob Liefeld. Plus qu’une réinterprétation, il faudrait parler d’une anti-thèse, car autant Liefeld a toujours été incapable de monter la moindre lueur d’intelligence dans son travail, autant Brandon Graham bouillonne d’idées, chacune plus surprenante et originale que l’autre. Les aliens, les armes et outils, les paysages, les constructions, tout est prétexte à titiller les neurones et la rétine. En ça, l’ouvrage est tout à fait remarquable.

Côté scénario, les trois premiers épisodes sont relativement linéaires : John Prophet trace son chemin dans un monde dévasté et croise au passage toute sorte de créatures étonnantes. On ne sait pas vraiment quelle est sa mission, mais qu’importe, c’est plein de bonnes idées et Simon Roy assure au dessin. Ensuite, on a le droit à trois histoires franchement plus barrées, mettant en scène d’autres John Prophet. Pour la peine, le récit devient plus ou moins incompréhensible, mais pas moins fascinant, ni moins bien illustré. Ma préférence va tout de même à l’épisode 5, d’une rare poésie, et pour lequel Brandon Graham prend également le crayon. C’est un pur bonheur. A lui seul, ce TPB vaut son prix.

Alors, au final, le sentiment de ne pas comprendre grand chose est très fort, ce qui va sans nul doute dérouter pas mal de lecteurs. Mais, si vous aimez la SF intelligente et savez vous laisser mener sans trop chercher à comprendre où on vous mène, prenez la main de Brandon Graham et faites bon voyage.

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