Southern Bastards vol. 2: Gridiron

Le pitch : L’adolescence de celui qui deviendra le redoutable Coach Boss.

L’avis : Plutôt que de continuer dans la lancée du premier tome, Jason Aaron nous propose de revenir sur le passé du salaud de l’histoire. Sans surprise, c’est un passé fait de violence et de vexation qui explique, sans véritablement l’excuser, le tempérament de fer et le goût du sang d’Euless Boss. Sans surprise non plus, le récit est d’une grande intensité, comme sait si bien le faire le scénariste. Le style rugueux et torturé de Jason Latour est également parfait pour cet exercice. Reste, comme pour le premier tome, un ou deux bémols à mon enthousiasme, notamment le caractère quasi-mystique du vieux black qui prend Euless sous son aile et son rôle à la fin de l’histoire. Mais bon, ça sent bon le sud pourri, alors on en redemande.

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Southern Bastards vol. 1: Here Was a Man

Le pitch : Earl revient dans l’Alabama rural de son enfance pour vider la maison de son oncle décédé. Pressé de fuir le souvenir de son père, il va cependant se faire entrainer dans un affrontement avec la figure d’autorité du coin.

L’avis : Depuis la fin de Scalped, j’attendais avec impatience le retour de Jason Aaron à ce qu’il sait faire de mieux : des récits réalistes sans concessions. Cette fois, il nous plonge dans le sud cul terreux, stéréotype de l’Amérique crasseuse, violente et imbécile. C’est bien construit, bien dialogué et les personnages ont une belle épaisseur, comme on pouvait s’y attendre. Un autre bon point réside dans le dessin de Jason Latour, dont le style brut et pêchu colle parfaitement au récit. Malgré tout, j’ai été un peu gêné par quelques accrocs au réalisme (l’apparition de la batte de baseball, la facilité avec laquelle notre héros vieillissant fout une branlée à une bande de jeunes durs, etc.), ce qui me fait dire que, à ce stade, Southern Bastards est un cran en dessous de Scalped. Mais comme la conclusion de ce premier tome est excellente, je signe sans hésitation pour la suite qui promet d’être mouvementée.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 5: The Pickens County Horror and Others

Le pitch : Deux missions des troupes de base du B.P.R.D et un retour vers le passé d’un de leur scientifique.

L’avis : Ce volume est un nouvel interlude composé d’histoires courtes sans rapport direct avec l’intrigue en cours dans la série régulière, comme ça arrive régulièrement sur B.P.R.D. A noter également que c’est Scott Allie, et non pas comme d’habitude John Arcudi, qui officie au scénario au côté de Mignola. En cela, il ne s’agit pas d’un tome indispensable, sauf pour les aficionados de l’univers Hellboy. La question est donc de savoir si ce tome mérite en soi d’être acheté. J’ai bien cru que la réponse allait être non suite à la lecture de la première histoire en deux épisodes. Il s’agit d’une histoire de vampire qui ne m’a pas fait grand impression, d’autant que je n’ai pas trouvé Jason Latour au dessin particulièrement inspiré sur ce coup.

Heureusement, les deux histoires suivantes sont plus enthousiasmantes. La première met en scène le vieux savant un peu timbré déjà croisé dans la série. On y retrouve également Hellboy et, sans surprise, ça donne lieu à une grosse baston. Pendant ce temps là, le vieux croise des fantôme et perd la boule. Rien de transcendant côté scénario donc, mais ça se lit bien et, surtout, c’est admirablement bien illustré par Max Fiumara. J’en étais resté à ses premiers travaux de professionnel sur Blackgas avec Warren Ellis. Je soulignais à l’époque son potentiel. Depuis, quelle progression ! Et quand on sait qu’il est maintenant le dessinateur régulier de la série consacrée à Abe Sapien autant dire que je vais manger de l’homme poisson.

Quant à la troisième et dernière histoire de l’ouvrage, elle nous emmène au paléolithique. Le scénario m’a bien tenu en haleine, mais, là encore, c’est surtout le dessin qui m’a le plus séduit. James Harren, croisé dans le dernier tome de B.P.R.D., mais aussi plus récemment encore sur le dernier Conan, livre ici sa meilleure prestation en date, avec toujours cette énergie dans le trait qui donne au scènes d’action beaucoup de puissance.

Bref, un tome peut-être pas indispensable, mais tout de même fort plaisant à lire. N’hésitez pas à y investir vos deniers.

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Scalped vol. 8: You Gotta Sin to Get Saved

Le pitch : Red Crow fait face à un adversaire inattendu, mais aussi à lui-même. Dash fait face au meurtrier de sa mère sans même le savoir, Carol se stabilise, Dino morfle… il n’y a pas que lui d’ailleurs.

L’avis : Comme mon pitch le laisse entendre, Jason Aaron continue de développer sa galerie de personnages sans n’oublier personne, et c’est une très bonne chose quand on sait à quelle point elle est riche. Les trajectoires des uns et des autres sont tout sauf linéaires et, même quand elles ne se croisent pas, on devine que tout ça est parfaitement cohérent. Il reste encore un ou deux volumes avant que Scalped ne se termine, mais on voit mal à ce stade comment la fin pourrait être décevante tellement le scénario est dense et habillement construit. L’arc en cinq épisodes qui constitue le morceau de choix de ce tome en est la meilleure illustration. C’est aussi là qu’officie le toujours aussi excellent R.M. Guéra. C’est vraiment du caviar ! Avant ça, on a le droit à deux épisodes one-shot. Le premier met en scène le Sheriff Wooster Karnow, un personnage a priori très secondaire (on verra s’il a un rôle plus tard dans la résolution de l’histoire) et totalement pathétique. L’épisode est une très bonne mise en bouche, d’autant que c’est Jason Latour qui officie au dessin. Son style, que j’aime beaucoup, colle parfaitement à la série. Le deuxième one-shot est moins bon, la faute à un rebondissement final peu crédible et au dessin de Davide Furnò que j’ai trouvé en petite forme sur ce coup là. A vrai dire, c’est uniquement pour cet épisode un cran en dessous que je n’attribue pas un de mes rares A+ à ce huitième volume de Scalped. C’est dire si j’ai aimé le reste.

Pour voir : Pas moyen de trouver un preview des épisodes qui composent ce tome, alors je vous renvoie aux chroniques précédentes
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