Ex Machina vol. 8: Dirty Tricks

L’histoire : Une motarde masquée et sexy réalise des actions d’éclat au dépend de Georges Bush, peu de temps avant son passage à New York pour le congrès du parti républicain. Ce faisant, elle met en fâcheuse posture le maire, pour lequel elle semble avoir un petit faible.

L’avis : J’avais déjà le sentiment qu’Ex Machina était en perte de vitesse depuis le dernier tome, mais ce nouveau volume est plus décevant encore. Pour moi, Ex Machina était un habile mélange de politique, de questions de société et d’univers superhéroïque, avec quelques touches d’humour souvent bien senties. Cette fois, on a le droit à une espèce de farce burlesque avec au centre le personnage de Trouble, au look accrocheur, certes, mais qui ne fournit pas grand chose de substantiel. A côté de ça, on voit Mitchell Hundred sur ses chiottes en train de galérer à écrire ses discours ou encore un couple d’amants se faire surprendre en pleine partie de jambes en l’air au bureau. L’aspect politique se résume au positionnement de Hundred vis-à-vis du parti républicain de Bush et au risque que représenterait l’annulation de leur convention pour l’image du maire de New-York. Bref, quelques blagues de potache au milieu d’un scénario sans réel intérêt.

J’ai toujours trouvé que le travail d’Harris sur cette série était intéressant, ne serait-ce que parce que ça ne ressemble à rien d’existant sur le marché, mais il faut bien dire que le côté roman-photo qui caractérise ses planches n’est pas toujours du meilleur effet. Ici, le problème m’a semblé plus aigu que d’habitude, avec en particulier des postures caricaturales lors des scènes les plus exubérantes, mais c’est peut-être les faiblesses du scénario qui rejaillissent sur le dessin.

Le parallèle entre ce tome et le précédent continue, puisque, cette fois encore, l’ouvrage se termine par un épisode qui se suffit à lui-même. Il s’agit cette fois de Masquerade, un numéro spécial initialement publié en 2007, qui porte sur le droit à manifester masqué (ça ne vous rappelle pas une certaine loi anti-foulard chez nous ?), avec en toile de fond la question pour Hundred d’interdire ou pas une manifestation du KKK à New-York. Le scénario nous livre aussi un éclairage sur les premiers jour d’Hundred après l’accident qui lui a donné ses pouvoirs, avant même qu’il n’endosse son costume de héros. C’est très finement écrit, passionnant et, ce qui ne gâche rien, remarquablement illustré par John Paul Leon. Bref, c’est tout ce que l’arc Dirty Tricks n’est pas, ce qui donne d’autant plus de regret.

Pour conclure, vous aurez compris que mon enthousiasme vis-à-vis de la série a grandement diminué. Cela dit, je continuerai à la lire jusqu’à la fin, annoncée par Brian K. Vaughan au n°50 (encore 1 ou 2 TPB donc). La dernière planche avant Masquerade revient d’ailleurs au personnage de Kremlin qui déclare que nous en sommes « là où la fin commence ». Ca me va très bien. Il était temps que BKV conclue l’affaire et, comme il a prouvé avec le dernier tome de Y The Last Man qu’il savait conclure ses séries au long court, je suis optimiste pour la suite.

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