Freakangels vol. 1

L’histoire : Les Freakangels sont onzes jeunes gens de 23 ans, tous nés le même jours. Outre une peau très pale et des yeux pourpres, ils ont en commun de posséder des pouvoirs psychiques qu’ils mettent aux services de Whitechapel, un des quartiers de Londres. Ce quartier, comme les autres, est presque totalement immergé depuis un cataclysme auquel les Freakangels ne semblent pas étrangers. Un jour, la jeune Alice arrive dans le quartier, bien décidée à se venger des Freakangels. Elle tient pour responsable de la mort de son frère le douzième Freakangels, pourtant banni de la communauté par les autres.

L’avis : Freakangels a la particularité d’être une des nouvelles expérimentations de Warren Ellis, un webcomic publié gratuitement chaque vendredi par épisode de 6 pages. Étant particulièrement allergique à la lecture sur écran, je me suis retenu de lire la BD dans son format d’origine et j’ai patiemment attendu la sortie de la version imprimée. A la réception de l’ouvrage, une surprise de taille m’attendait, puisque la mise en page se résume la plupart du temps à 4 cases de taille identique. Dans le genre minimaliste, on ne fait guère moins excitant. En même temps, le choix fait par Warren Ellis se comprend : à quoi bon faire des mises en pages sophistiquées puisque la lecture sur écran implique moins le mouvement des yeux que celui de la page au travers du scrolling ? En tout cas, mon impression de départ était que la transition à la version papier risquait d’être difficile. Et bien, pas du tout. Warren Ellis et Paul Duffield ont su utiliser cette contrainte avec ingéniosité. Loin d’être plate, la narration s’avère très efficace, avec beaucoup de variété dans les cadrages et dans les enchainements. Belle réussite sur ce point, déjà.

L’histoire se lit sur un rythme très tranquille, puisqu’on passe l’essentiel de l’ouvrage à découvrir chacun des personnages, les uns après les autres. De KK, qui se ballade sur sa moto hélicoptère avec son look gothique, à Karl, qui fait pousser ses fraises dans son jardin suspendu, en passant par Sirkka et son harem, Kirk et sa tour de surveillance, Arkady et son don d’ubiquité, ou encore Jack, qui explore le Londres englouti à la recherche de matériel en tout genre, chacun des personnages a une véritable épaisseur d’entrée de jeu. Les dialogues qu’ils entretiennent sont bien sentis et la gamme d’expressions que Paul Duffield leur donne est variée. Le dessinateur réussit également à rendre très attrayant le Londres post-apocalyptique dans lequel se situe l’histoire. Il y introduit quelques objets technologiques pleins d’originalité. Bref, j’ai découvert le monde de Freakangels avec grand plaisir, même si, objectivement, il ne se passe pas grand chose avant la scène d’action finale.

Certes, le rythme n’est pas endiablé, mais Freakangels est avant tout de la bonne BD bien foutue, et ce premier tome m’a bien accroché. Et puis, Warren Ellis a annoncé qu’il avait au moins cinq ans de scénario sous le coude. Ca nous laisse largement le temps de voir les Freakangels s’enflammer. En tout cas, je recommande largement cette lecture. A vous de voir si vous préférez en profiter en feuilletant les pages du TPB ou en suivant sa publication sur le web. Pour cela, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien ci-dessous. Il vous emmènera à la première des 476 pages déjà publiées.

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