Grendel: Behold The Devil

L’histoire : Jusqu’ici, la vie d’Hunter Rose était connue au travers du journal intime retrouvé après sa mort. Or, de ce journal, l’équivalent de deux semaines ont été arrachées par son auteur. Quels évènements ont bien pu pousser un homme aussi sûr de sa propre perfection à se censurer de cette façon ?

L’avis : Enfin ! Après deux ans d’attente, Dark Horse s’est décidé à publier une édition reliée de la dernière histoire en date de Hunter Rose. Et encore, pas le choix, c’est édition cartonnée ou rien (ou alors encore plus tard). Cela dit, ils le proposent à prix canon : $20 pour 8 épisodes et quelques bonus. Dans ces conditions, j’ai presque envie de leur dire merci.

Ceux qui suivent ce blog régulièrement savent que je suis un fan inconditionnel de Grendel et de Matt Wagner. C’est donc avec grand plaisir que j’ai ouvert l’ouvrage, mais aussi avec une certaine pointe d’appréhension, car il y a toujours le risque d’être déçu lorsqu’un auteur revisite ses succès passés après une longue absence. Heureusement, Matt Wagner est sous bien des abords un auteur accompli en pleine possession de ses moyens. Tout au plus pourrait-on lui reprocher de ne pas prendre beaucoup de risques avec cette ultime mise en scène de Hunter Rose. En effet, les fans ne seront pas réellement surpris. Behold The Devil peut même être considéré comme une synthèse des évolutions que Matt Wagner a appliquées aux récits de son personnage fétiche. On y trouve par exemple les extraits en prose du livre de Christine Spar, comme du temps de Devil By The Deed, mais aussi la trichromie adoptée depuis les Black, White & Red.

Matt Wagner montre qu’il sait toujours aussi bien mettre en scène les ambiances paranoïaques, à la nuance près que c’est cette fois Hunter Rose qui la ressent autant qu’il ne l’inflige à ses ennemis. Le récit réserve également un condensé du mythe Grendel qui suivra l’ère Hunter Rose, sous la forme d’une hallucination divinatoire. Personnellement, j’ai apprécié ce clin d’œil adressé aux fans de la série, mais je me mets à la place d’un lecteur non-initié et je me dis que ces quelques pages ne doivent pas être faciles d’accès pour tous. Pour le reste, l’essentiel de la force du récit réside dans la qualité de la narration. C’est vrai pour le script comme pour la mise en page. Bien évidemment, on est loin du Matt Wagner des débuts qui livrait des récits très denses avec des mises en pages parfois touffues. Personnellement, j’aimais beaucoup cette période, mais Matt Wagner y a tourné le dos il y a longtemps déjà. Cela reflète probablement en partie une plus grande maitrise de certains aspects de son dessin, que ce soit au niveau de l’anatomie ou des perspectives. En tout cas, il donne beaucoup plus d’espace à ses personnages. Paradoxalement, il a tendance à esquisser là où il aurait probablement fignolé avant, et ça, c’est un peu dommage.

Au bout du compte, ce nouvel opus de Grendel n’a rien de révolutionnaire, mais forme un récit solide et efficace qui devrait satisfaire la plupart des anciens comme des nouveaux lecteurs. Rien ne dit que nous reverrons Hunter Rose avant longtemps, puisque Matt Wagner avait annoncé à l’époque des 20 ans de Grendel qu’il travaillerait ensuite sur une série centrée sur Grendel Prime. J’espère que ça ne tardera pas trop à venir. Ensuite, qui sait, peut-être aura-t-on droit à une explication de ce qui n’est que suggéré dans Behold The Devil : Hunter Rose n’est peut-être finalement pas le point de départ du mythe.

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