Grendel: Devil’s Reign

L’histoire : Après avoir provoqué la chute de Vatican Ouest, Orion Assante utilise son influence dans le monde politique et économique pour prendre la tête d’une union des corporations nord-américaines. Son objectif : fédérer les différentes composantes d’une société en décomposition pour assurer paix et stabilité. Et comme la paix se fait en préparant la guerre, il crée l’Orion Sword. Cette armée entièrement dévouée à Orion, qu’on surnommera bientôt le Grendel-Khan, officiera aussi à éliminer les vampires menés par Pellon Cross.

L’avis : Après God & The Devil, Dark Horse réédite enfin le seul des chapitres de Grendel que je n’avais pas encore lu. Et quel bonheur ! Je connaissais déjà le fond de l’histoire, puisque War Child et la volée de Grendel Tales qui ont suivi reposent sur l’avènement d’Orion Assante. Il n’empêche que j’ai trouvé la lecture de Devil’s Reign tout à fait passionnante.

Chacun des sept épisodes qui composent l’ouvrage est divisé en deux parties. La première est en fait la biographie d’Orion Assante. La part belle est laissée à la prose de Matt Wagner, puisque l’essentiel de la narration est effectuée en voix off, avec de nombreuses vignettes silencieuses en guise d’illustration et seulement quelques séquences mises en dialogue. Dis comme ça, il y a de quoi rebuter les amateurs de BD. Après tout, de belles phrases et des jolies images ne font pas une bonne BD, s’ils sont juxtaposés plus que mélangés. Pourtant, c’est bien cette partie de l’ouvrage que j’ai le plus apprécié. La lente dérive d’Assante vers un régime martial, autoritaire et même génocidaire est fascinante. On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Cette histoire en est la meilleure illustration. L’ambigüité morale a toujours été au cœur du mythe Grendel, mais Devil’s Reign atteint des sommets dans le genre. Au delà des aspects politiques, l’histoire d’Assante est également marquée par les relations qu’il entretient avec les femmes qui l’entourent et avec Manny, son conseillé. Leur dévouement réciproque pouvant aller jusqu’au sacrifice donne une belle couleur émotionnelle au scénario.

Le deuxième volet des épisodes est radicalement différent du premier. Cette fois, ce sont les vampires qui sont sur le devant de la scène et on retrouve un formalisme BD plus classique. Tim Sale a donc davantage de marges de manœuvre pour s’exprimer. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié sa prestation, même s’il n’avait pas encore vraiment trouvé le style qui le rend si reconnaissable maintenant. Le scénario se lit bien, mais, au bout du compte, je n’en ai pas tiré grand chose. Je m’attendais à ce que l’opposition entre Pellon Cross et Orion Assante soient beaucoup plus lourde de sens. Or, au final, les vampires interfèrent relativement peu avec les plans du Grendel-Khan.

Tout ça m’a diablement donné envie de relire War Child et surtout les Grendel Tales. Je sais que je n’aurais pas le temps, car j’ai bien trop de lecture en retard, mais ça témoigne du plaisir que j’ai eu à me replonger dans cet univers. Vivat Grendel !

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2 réflexions au sujet de « Grendel: Devil’s Reign »

  1. Et bien, ça, ça me fait très plaisir. Je suis un fervent adepte de Grendel, toujours prêt à convertir d’autres amateurs de comics de qualité. ;)

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