Lone Wolf and Cub Omnibus vol. 1

Le pitch : Un ancien samouraï de haut rang devenu tueur à gage trace la route avec son fils en bas âge.

L’avis : Après Nexus, Dark Horse m’a encore eu avec ses Omnibus. Il faut dire que ça fait des années que ça me démange de lire ce grand classique du manga tenu pour avoir influencé nombre de pointures du comics, à commencer par Frank Miller. Alors, pour 15€ les 700 pages, impossible de résister.

Du côté de l’histoire, il ne faut pas s’attendre à une profondeur abyssale. Il s’agit pour l’essentiel d’un classique récit de samouraï avec tous les codes qui vont bien, le bushido et tout le tintouin (pardon pour les puristes). Le samouraï devenu ronin est employé pour éliminer une cible, il la tue et, de temps en temps, il tue aussi ses employeurs qui le considèrent comme un témoin gênant. Parfois, il n’y a pas de contrat, mais bon, qu’à cela ne tienne, tout ça se finira par un bon vieux duel ou par de la bonne boucherie à coups de sabre. Ne vous attendez pas non plus à un récit très crédible. Si le contexte de la société féodale japonaise est dépeint avec un réalisme assez étonnant pour les néophytes comme moi, le héros a des capacités totalement surhumaine et échafaude des tactiques à dormir debout pour atteindre ses cibles. Mais qu’à cela ne tienne, l’intérêt du récit ne tient pas à ça. Kazuo Koike réussi à créer une ambiance fascinante et à donner une réelle épaisseur au tandem père-fils. Surtout, il offre à Goseki Kojima l’occasion de mettre en scène de purs moments de narration, souvent dans la sang et la douleur, mais pas seulement.

Et c’est bien là que Lone Wolf and Cub excelle comme rarement. Le dessin de Kojima est une démonstration de ce qu’est par essence la bande-dessinée, un art graphique séquentiel. Certaines scènes sont époustouflantes de qualités cinématiques, de fluidité et d’énergie, de finesse et d’efficacité brute. En plus, le trait de Kojima est totalement intemporel. Ça a 40 ans et ça a l’air tellement contemporain ! Vraiment, je me suis pris un énorme claque devant autant de maîtrise en termes de narration.

Vous l’aurez compris, le terme de chef d’œuvre n’est pas utilisé en vain pour qualifier Lone Wolf and Cub. Que vous soyez amateur de manga ou pas, si vous aimez la bande-dessinée pour ce qu’elle a de spécifique par rapport aux autres formes d’art, voilà bien une lecture indispensable.

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