Loveless vol. 3: Blackwater Falls

L’histoire : L’ensemble des protagonistes ayant convergé vers la ville de Blackwater se confrontent les uns aux autres. La rencontre s’avère explosive.

L’avis : Lorsque le premier tome de Loveless est sorti, j’ai été emballé par ce western brutal, à la narration complexe, servi par un Marcello Frusin parfaitement employé dans ce type d’histoire. Après la lecture du second tome, l’enthousiasme est très nettement retombé. La narration est passée de complexe à obscure et la transition entre Frusin et Dell’Edera au dessin m’a fait l’impression d’une grosse pilule qui reste entre la gorge. Je pense ne pas avoir été le seul dans ce cas, car la série a vite perdu ses lecteurs et a été prématurément arrêtée. Malgré tout, l’histoire n’était pas sans mérite, bien au contraire, et j’étais heureux de voir Vertigo publier un troisième TPB version king size (224 pages), permettant ainsi à la série d’être reliée dans son intégralité. Je suis d’autant plus heureux qu’après avoir lu l’ouvrage, je considère finalement Loveless comme une série qui mérite largement le détour. Certes, la narration d’Azzarello est loin d’être limpide par moment. Il n’a pas forcément été aidé sur ce registre par ses dessinateurs, qui semblent avoir eu du mal à créer des personnages facilement distinguables. Mais la série comporte des moments brillants, notamment au travers de ses dialogues, et laisse au final une impression forte.

Ce troisième tome est à l’image de l’impression d’ensemble. Il se compose d’une partie centrale, en six épisodes, racontant la chute de Blackwater. Tout n’est pas très clair encore une fois, mais le récit conclut de façon satisfaisante une histoire de vengeance finalement assez classique. Ma première réaction passée, j’ai trouvé Werther Dell’Edera plutôt efficace, même s’il pâlit en comparaison avec Daniel Zezelj. Ce dernier, justement, illustre les six autres épisodes, trois en introduction, trois en épilogue. Son style est comme à son habitude très particulier. Certains lecteurs détestent. Personnellement, je trouve que ses mises en pages sont remarquables, son encrage très bien maitrisé à défaut d’être subtil et il y a une certaine qualité hypnotique qui se dégage de tout ça. Comme si la qualité du dessin ne suffisait pas, il se trouve que les six épisodes sont des histoires relativement indépendantes pour lesquelles j’ai trouvé Brian Azzarello particulièrement inspiré. Certains épisodes sont même de petites gemmes, avec un belle qualité émotionnelle. Tout cela rachète bien les faiblesses notées plus tôt. Bref, si vous aimez les westerns qui ne font pas dans la dentelle et que vous avez un solide niveau d’anglais, ne passez pas à côté de Loveless.

Pour voir : Danijel Zezelj et Werther Dell’edera, tout deux sur des épisodes du vol. 2.
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