Le pitch : Alec Holland, scientifique transformé en créature du marais, a toujours cru qu’il pourrait retrouver son humanité. Les recherches de Jason Woodrue sur son compte vont anéantir cet espoir et l’amener à bouleverser la conception qu’il a de lui-même.
L’avis : Le moins que l’on puisse dire, c’est que les dernières productions d’Alan Moore ne m’ont guère enthousiasmé. Quoi de mieux dans ces circonstances que de me plonger dans la seule de ses œuvres considérées comme majeures que je n’avais pas encore lue ? J’ai donc profité de la réédition en TPB de son run sur Swamp Thing et je ne le regrette pas. C’est effectivement de la très bonne came. Je ne dirais pas comme certains que c’est encore mieux que Watchmen ou V for Vendetta. Certes, l’écriture est virtuose par moment et certaines idées sont extrêmement bien vues, mais il y a aussi quelques passages un peu trop écrits qui alourdissent la narration par instant.
Du point de vue du contenu, vous aurez le droit au tout premier épisode de la série écrit par Alan Moore, qui n’avait jamais été inclus dans les recueils jusqu’ici. Il faut dire que c’est un épisode de transition dont l’objectif était de repartir sur de nouvelles bases. De fait, je ne penses pas qu’il est indispensable. Le suivant, en revanche, est la perle de l’ouvrage. Dans cette leçon d’anatomie, Moore redéfinit avec énormément d’intelligence la nature du personnage et pose les bases de l’intrigue qui va suivre. Celle-ci s’avère passionnante, mêlant la prise de conscience dépressive de Swamp Thing et la plongée dans la folie de Woodrue. Les derniers épisodes mettent en scène le démon Etrigan, qui est loin d’être mon personnage favori de l’univers DC. Malgré quelques très bons moments, j’ai moins aimé cette section. Quant aux personnages secondaires Matt et Abby, j’ai encore un peu de mal à bien apprécier la nature de leur relation avec Swamp Thing. J’avoue que ça m’a un peu dérouté et j’attends du prochain tome que ça s’éclaircisse.
Côté illustration, Dan Day s’occupe du premier épisode et cède la main à Stephen Bissette, parfois assisté de Rick Veitch au crayonné. Celui qui fait l’unité de tout ça, c’est John Totleben à l’encrage. Son rôle est très clairement essentiel et c’est tout-à-fait légitime que son nom ait été retenu au même titre que celui de Bissette. La collaboration entre les deux hommes fonctionne très bien. Certes, c’est un peu marqué par le style de l’époque, mais ça a plutôt bien vieilli. Certaines planches sont superbes et font oublier les approximations dues à des deadlines visiblement pressantes. La mise en couleur, elle, supporte mal la comparaison avec les standards de notre époque.
En tout cas, me voilà embarqué sur ce classique qui a ouvert la voie à Vertigo. Ça sera intéressant de suivre en parallèle la nouvelle série dirigée par Scott Snyder.
Pour voir : Aussi incroyable que ça puisse paraître, impossible de mettre la main sur des extraits substantiels de ce classique !
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