Shortcomings

L’histoire : Ben Tanaka, américain d’origine asiatique à peine trentenaire, est en phase de rupture avec sa petite-amie. Nous le suivons pendant cet épisode de sa vie. Au fil de ses interactions avec sa seule amie, une lesbienne au caractère bien trempée, et avec les jeunes femmes qu’il aimerait mettre dans son lit (à la peau blanche, un critère d’attirance bien plus important qu’il ne veut l’avouer), nous découvrons ses défauts et ses faiblesses.

L’avis : Six ans, c’est le temps que j’ai dû attendre pour enfin avoir le plaisir de lire à nouveau le bijou que nous délivre Adrian Tomine, aussi lentement qu’irrégulièrement, sous la forme de la série Optic Nerve. J’ai acheté le n°8 fin 2001 et j’ai attendu patiemment que Tomine sorte 3 numéros, aujourd’hui réunis dans Shortcomings. L’attente est valait-elle la chandelle ? Indubitablement, oui. Ce mec a vraiment un énorme talent pour mettre en scène les relations humaines. Il délivre des tranches de vie riches et subtiles en usant de dialogues bien sentis, parfois drôles, parfois touchants, ou parfois aiguisés comme des lames de rasoir. C’est vraiment de la haute voltige, tellement c’est bien écrit, mais sans esbroufe. Et pourtant, son personnage principal est assez détestable, à mon avis, de part sa tendance à toujours critiquer et l’ampleur de sa mauvaise foi. Je n’aurais pas envie de le connaître, mais j’ai aimé le suivre le temps de cette histoire. Le dessin est à la hauteur du texte. C’est juste et élégant. Ca a l’air simple et j’imagine pourtant que la quantité de travail a été conséquente, vu l’absence de la moindre fausse note. Bref, c’est du caviar. Mangez-en !

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4 réflexions au sujet de « Shortcomings »

  1. Je suis un peu déçu après la lecture de shortcomings… comme c’est le seul que tu as noté A+, je m’attendais à vraiment quelque chose d’exceptionnel :) C’est effectivement bon mais je ne trouve pas qu’il y a l’étincelle qui fait dire que celui-ci est au dessus de tous. En partiuclier au niveau graphique je n’ai pas été transporté. C’est propre et beau mais reste assez classique.
    Le point vraiment remarquable est dans la reliure du bouquin, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un aussi beau travail (et c’est pas des blagues).

  2. Ah bon ? C’est tout le pb des trop bonnes critiques. Ca fait monter les attentes trop haut.

    Moi j’aime vraiment beaucoup Tomine pour la justesse du texte et du dessin. Certes, le trait n’a rien de particulièrement original. C’est du dessin typé indé réaliste, on dira, comme Clowes ou d’autres. Mais, franchement, quand je le lis, je trouve qu’il n’y a aucune forme de déchet. C’est précis et les émotions sont toujours transmises pile-poil. C’est parfois un peu froid, mais, en ça, ça colle bien avec le style de narration de Tomine : il raconte souvent des histoire sur un ton à la fois froid et sensible. Enfin bref, moi, j’adore. J’espère que tu n’es pas déçu de ton achat, tout de même.

  3. A mon tour de donner mon avis :
    je suis contente.
    Ah oui, mais pourquoi ?
    J’ai apprécié les dessins, peut être froids, mais justes. La lumière est parfois très bien (voire remarquablement) mise en scène.
    Je trouve le rythme des textes réussi (je les entendais presque parler à voix haute).
    Bref, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une révélation, mais j’ai vraiment bien aimé (il faut préciser que j’avais lu « Transmetropolitan » juste avant, et du coup j’ai pris ça comme une bouffée d’air !
    * l’anglais est très compréhensible, c’est bon à savoir.

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